L’interview-monstre n°4

13 questions

à l’auteur Pierre-François KETTLER

Aujourd’hui, c’est fantasy !

Continuant à parcourir le catalogue des éditions Avallon, je suis tombé sur un ouvrage un peu singulier à base de chats et de monstres : L’Eschylliade de Pierre-François Kettler.  

Rien qu’au titre, vous pressentez qu’une épopée se cache non loin. Et vous aurez raison : il s’agit d’une saga comprenant théoriquement dix tomes.

Chaque volume dispensera à ses lecteurs un cours d’histoire morale de la magie, le premier étant Aux apparences ne te fieras. Si vous ne vous êtes jamais fait vouvoyer par un chat, ce sera l’occasion.

En effet, on peut dire que les chats de son roman sont exceptionnels. Vous rencontrerez des chats professeurs. Des chats penseurs, des chats parleurs, des chats un peu sorciers, des chats partant en éclaireurs, des chats tellement bizarres qu’on ne sait plus vraiment s’ils sont encore félins. Et un chat parmi les autres : Eschylle l’élu.

Vous y trouverez toutes sortes de deux-pattes également, amis ou ennemis pour égayer l’aventure.

Trois bonnes raisons de découvrir ce bouquin :

Raison n° 1 : Si vous êtes nostalgiques des contes de votre enfance, L’Eschylliade vous redonnera un sacré coup de jeune. L’ouvrage présente plusieurs niveaux de lecture, à travers une succession de paraboles et pourra plaire à toutes les tranches d’âge. Un peu complexe pour être lu de manière autonome par les enfants, il fera une bonne lecture partagée. Vous recherchez une histoire épique à raconter au coin de la cheminée ? Eh bien, essayez ce bouquin. Il peut être en outre l’occasion de gentils débats sur les points moraux abordés. Pour les grands enfants donc, ou pour les adultes qui ne vieillissent pas et qui ont l’imagination toujours vive.

Raison n° 2 : Ai-je évoqué plusieurs niveaux de lecture ? Oui, car l’auteur Pierre-François Kettler est aussi un aficionado des bons mots. Vous entendrez parler du Haut-Royaume de Lear, de la Mer dite des Rats-Nés… Vous jouerez avec les métaplasmes et les allitérations qui prennent de plus en plus de force à mesure que le récit avance. Et quand les jeux de mots se taisent et que la poésie se substitue à l’humour, vous serez émus par les nombreux personnages atypiques et les paysages bucoliques. En résumé, c’est un livre beau à lire.

Raison n° 3 : Ce premier tome de L’Eschylliade est comme une promesse. Il met en place un univers énorme, avec des conflits opposant plusieurs royaumes. (Dont le super Empire Démagocratique, rien que pour le nom, je veux connaître le fin mot de l’histoire.) Tout ne vous sera pas raconté dès le premier opus, certains mystères seront résolus, d’autres demeureront en suspens. Mais si vous avez une âme d’explorateur et que vous voulez vous immerger dans un monde sans limites… Eh bien, lisez L’Eschylliade.     

Et si vous n’appréciez pas la fantasy, mais que vous aimez juste lire de bons textes, ce roman est un chouette compromis. Il est accessible à tous. =) 

D’abord au commencement était le pitch :

« Quand Eschylle, chat siamois miro rencontre Bélerin, apprenti mage, leurs destins se scellent : leurs esprits se lient, ainsi que leurs sens. Nés tous les deux dans les Marches Pâles, ils vont devoir affronter un vent malfaisant : non l’hiver, qui s’abat sur les sommets et les combes, mais des enlèvements d’enfants et de femmes, attribués à des Petites-Personnes. Leur enquête les mènera dans des lieux improbables, au cœur d’anciennes ruines, mais aussi sous la terre. À lire de 9 à 99 ans.»

Pourquoi ce livre dans ma Monstrothèque ?

Dites, vous savez que dans les romans de fantasy, il y a des monstres à tous les coins de rue ? (Imaginez mon grand sourire enthousiaste.)

Dans L’Eschylliade particulièrement, le bestiaire est bien garni, entre les espèces humanoïdes, celles animales et celles qui pourraient se classer à mi-chemin entre les deux.

« Comme en toutes les régions de notre beau royaume, les races vivaient en harmonie : Humains, Nains, Elfes, Gnomes, Hyénarques, Croqueurs et Petits-Hommes se côtoyaient dans la joie et la bonne humeur. »

L’Eschylliade tome 1 – Aux apparences ne te fieras écrit par Pierre-François Kettler

Dans ce premier tome, vous rencontrerez également des loupins, des félissiens, des crabarachnes, des ogres, une femme de glace et un guerrier squelette assez hostile.

L’originalité repose dans les rivalités entre les peuples qui sont propres à l’univers de Belmilor, où se déroule L’Eschylliade. De grands-hommes et des petits-hommes parfois cohabitent mal. Les loupins et les félissiens (des canidés et des félins) font régulièrement des étincelles. S’opposent les créatures d’au-dessus de la terre et celles du sous-sol. Celles qui aiment la lumière du jour et celles qui préfèrent les ténèbres de la nuit. Les interactions entre les êtres vivants de toute nature sont la richesse de ce monde. 

On en apprendra certainement davantage dans les prochains tomes à venir !

Voilà pour cette introduction. J’ai proposé à Pierre-François Kettler de répondre à quelques questions à propos de son roman, ce qu’il a gentiment accepté.

Q : Bonjour, Pierre-François, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, je vous laisse nous présenter votre parcours en quelques mots. =)

Pierre-François Kettler : Après des études scientifiques, dont une école d’application de Polytechnique, l’ENSAE, je pars deux ans au Rwanda (service national en lieu et place du service militaire). Juste avant, je découvre le théâtre. Pendant ces deux ans, je découvre ce pays et les grands auteurs et expérimentateurs théâtraux. De retour en France, je  deviens acteur. Avec la naissance de ma fille Garance, j’ose écrire et traduis Deirdre of the sorrows, de Synge, qui sera ma première œuvre publiée. Mes trois enfants me replongent dans le plaisir d’inventer des histoires. Je crée pour eux, et leurs amis, un monde, Belmilor, qu’ils retrouvent régulièrement dans un jeu de rôles autour d’une table. Une amie me demande, un jour, pourquoi je n’écris pas de fantasy alors que je connais ce genre. Je lui réponds que raconter la énième quête ne m’intéresse pas. C’est alors que me vient, dans le métro et alors que je rentre chez moi, l’idée d’un chat-narrateur, dans ce monde que j’ai créé depuis déjà plusieurs années. Et de parler de notre monde, de son histoire, de son actualité, en le transposant sur Belmilor. Et de jouer avec les codes de la fantasy. J’écris les deux premiers tomes de L’Eschylliade en 2009. Je l’envoie à des éditeurs qui, par lettres argumentées, me donnent des raisons contradictoires pour leurs refus. J’observe alors que le point commun des ouvrages de littérature jeunesse est la jeunesse des héros. J’écris alors en un mois la jeunesse de Léo, qui devient en 2011 L’Arc de la lune, publié aux éditions du Chemin, après avoir remporté un concours organisé par cet éditeur alors naissant. En 2018, un nouveau concours, organisé par la Charte des auteurs jeunesse, me permet de rencontrer des éditeurs (enfin !) et d’écrire Je suis Innocent, un roman sur le génocide rwandais vu par les yeux d’un enfant de sept ans. Il paraît le 19 mars 2020, aux éditions Talents Hauts, quatre jours après que toutes les librairies et bibliothèques de France ont fermé. Le premier tome de L’Eschyliade sort le 5 octobre 2020, aux éditions d’Avallon…

Mon parcours actuel est tourné vers l’écriture, le théâtre étant en berne depuis un an bientôt avec la pandémie.

Q : L’Eschylliade tome 1 « Aux apparences ne te fieras » reprend l’univers de Belmilor que vous aviez déjà mis en place dans votre roman jeunesse L’arc de la lune paru en 2011 aux éditions du Chemin, ou dans votre nouvelle La plus grande magie, éditée au même endroit. En 2014, vous avez également publié vos histoires sous forme de feuilleton web épistolaire… Depuis combien d’années travaillez-vous sur cet univers exactement ? Comment vous est-il venu à l’esprit ?  

Pierre-François Kettler : Félicitations ! Vous avez retrouvé de nombreuses sources. Et je préfère qu’on achète la version numérique de L’Arc de la lune (car les droits m’appartiennent), tandis que je ne touche plus un centime sur les droits papier, l’éditeur ayant changé et ne me donnant plus signe de vie.

J’ai en partie répondu précédemment.

Ce sont mes enfants qui ont imaginé les noms de Bélerin et Romilor, ce qui engendré le monde de Belmilor. J’ ai inventé cet univers dans le cadre d’un jeu de rôles que j’ai pratiqué avec eux et leurs amis.  Tout le bestiaire de la fantasy classique y apparaissait.

C’est notre monde, transposé. Cela a commencé en 2005. En 2009, j’ai écrit les deux premiers tomes de L’Eschylliade. Puis, j’ai écrit L’Arc de la lune, puis le roman qui raconte comment Bélerin est apparu sur terre, puis l’adolescence de Wulfina, au sein de l’Empire des Crocs. J’ai commencé un roman plus ambitieux, dans un petit pays limitrophe, le Nadwar…

Tout cela nourrissait la suite du décalogue, car actuellement, je suis sur le tome 3 de L’Eschylliade.

« L’intérieur de ma tête me grattait bizarrement. De drôles de mots me venaient, comme de petits cauchemars éveillés. »

L’Eschylliade tome 1 – Aux apparences ne te fieras écrit par Pierre-François Kettler

Q : Quand on parle de fantasy, on songe toujours aux influences des auteurs classiques, Tolkien et consorts. Mais avec L’Eschylliade, qui renvoie doucement au dramaturge grec Eschyle, on sent que votre roman se nourrit d’autre chose. Avez-vous eu des influences particulières lors de la conception et de l’écriture ? Comment avez-vous géré le contournement des clichés types des univers fantasy, comme les elfes et les nains ?

Pierre-François Kettler : J’adore les mythes. J’ai travaillé sur les mythes celtes avec Deirdre des douleurs, et sur la mythologie grecque quand je montais des tragédies telles qu’Antigone ou adaptais l’Agamemnon d’Eschyle. Je suis nourri de poésie. Mes deux auteurs de prédilection sont Victor Hugo et Robert Desnos. Je peux inventer le nom d’un personnage par anagramme, jouer sur les sonorités de la langue et construire un récit en suivant les règles des scénaristes américains comme John Truby.

Écrire, c’est creuser en soi, cela amène donc inéluctablement, si on part d’un cliché, à s’en écarter progressivement, puisque écrivant en résonance avec soi-même et le monde réel.

L’homme et la femme sont des clichés types, mais il y a autant d’histoires d’amour que d’individus sur la terre. Pour les Elfes et les Nains, c’est la même chose. Ce sont des êtres sensibles et doués de conscience. Ce qui m’intéresse est ce qu’ils font avec cette conscience, comment ils se débrouillent avec.  Et cela met en jeu la mémoire, l’intelligence, la sensibilité, tout ce qui nous touche au cours de l’existence. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas l’image, mais l’être.

Q : Dans ce roman, vous avez choisi de prendre pour narrateur, parmi une équipe rocambolesque de sorciers, guerriers et voleurs… un chat presque ordinaire, assez préoccupé par ses pensées de chat. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce point de vue félin ?  

Pierre-François Kettler : Cette idée m’est venue spontanément. Sans doute parce que j’avais très mal supporté la disparition de mon chat, qui se nommait Eschyle, en 2006. J’ai voulu le faire revivre. Et parce que, comme vous avez pu le lire dans le dossier de présentation, je suis un chat.

« “Un chat comme les autres”, cette expression n’a pas de sens. Un chat n’est jamais comme les autres. »

L’Eschylliade tome 1 – Aux apparences ne te fieras écrit par Pierre-François Kettler

Q : L’Eschylliade se présente sous forme de cours d’histoire morale de la magie. Le quatrième mur est brisé : le lecteur est directement vouvoyé par le narrateur et se place dans le rôle de l’élève. Percevez-vous le lecteur comme un membre actif de votre histoire ?    

Pierre-François Kettler : Le lecteur est toujours un membre actif. Il s’approprie ce qu’il lit. Il se fait son propre cinéma, voit ses images, entend ses sons, sent ses odeurs, touche et goûte tout ce qu’il lit à travers ses propres sensations. C’est aussi pour ça que j’écris à l’adresse des cinq sens du lecteur. J’essaie d’être précis et large, précis pour orienter la lecture dans une direction et large pour que le lecteur y trouve sa place.

On n’écrit pas aujourd’hui comme autrefois. Les lecteurs sont différents. Un paysage sera suggéré et ne nécessitera pas plusieurs pages de description comme au XIXème siècle.

J’écris aussi sur plusieurs niveaux de lecture. Donc, oui, le lecteur, pour moi, est un membre actif qui m’accompagne tout au long de l’histoire.

Q : Vous avez annoncé que la saga de L’Eschylliade serait un décalogue. Pourquoi dix ? Ce chiffre a-t-il un sens particulier ? Un peu comme les dix commandements de Belmilor ? =)  

Pierre-François Kettler : C’est exactement ça.

Ce sont les dix règles morales du magicien, une sorte de manière de voir le monde. Tout récit comporte une dimension morale (qu’on la nomme ainsi ou autrement). L’objet n’est pas seulement de raconter une histoire, mais aussi d’offrir une vision d’un monde… qui pourrait être notre monde.

Je fais parler un chat qui a survécu dans un monde parallèle, celui dans lequel je me suis réfugié pour survivre à notre monde.

« Ne vous contentez pas de la magie. Celle-ci peut prendre possession de vous-même et vous faire oublier votre statut d’être vivant, mortel et doué de conscience. »

L’Eschylliade tome 1 – Aux apparences ne te fieras écrit par Pierre-François Kettler

Q : Dans votre univers, la magie s’exprime sous bien des formes, et se manipule tantôt par des chansons ou des formules, tantôt par des gestes, au gré des situations. Des grimoires et des écoles permettent d’apprendre son fonctionnement, mais pour l’instant, tout cela demeure très mystérieux. Je suis curieux d’en savoir un peu plus ! Avez-vous défini un système et un mode d’emploi d’utilisation de la magie, ou la magie de Belmilor est-elle tout simplement… insaisissable ?

Pierre-François Kettler : Comme vous avez pu l’observer, même au sein de la haute école de magie de Mirlandar, le jeune Bélerin apparaît comme anachronique. Le fait qu’il communique réellement et simplement avec son chat hallucine la plupart des membres éminents de cette assemblée. Seuls quelques-uns ont encore de vrais pouvoirs magiques.

Oui, il y a un mode d’emploi d’utilisation de la magie qui sera révélé dans le dernier tome de L’Eschylliade…

Mais, jusque là, je préfère que la magie reste mystérieuse car c’est aussi son essence. L’important est de ne pas se fier aux apparences.

Q : Belmilor paraît être un lieu infiniment gigantesque, avec un nombre illimité de créatures et de contrées à découvrir. Écrivez-vous tout cela au fil de l’inspiration ? 

Pierre-François Kettler : Je décrirais notre monde, celui dans lequel nous vivons, avec autant de difficultés (ou de facilités, cela dépend des moments, des lieux, des personnages rencontrés, etc.)

L’inspiration n’est rien, ou très peu.  La plupart des personnages ou monstres existent déjà. Je ne fais, pour certains, que les découvrir à mesure qu’ils vivent. De même, dans le monde réel, nous découvrons de nouvelles personnes et leurs comportement parfois étranges.

Le monde de Belmilor est assez simple : quatre grandes puissances (le Haut-Royaume de Lear, l’Empire Brun, l’Empire Démagocratique et l’Empire des Crocs), une multitude  d’autres pays, sous la coupe de l’une de ces grandes puissances, répartis sur deux continents. L’océan de l’Atalante-qui-tique les sépare. 

Notre histoire humaine est gigantesque. Je n’ai qu’à puiser dedans pour entendre et voir ce qui se trame au sein de Belmilor.

Q : Quelque chose m’a étonné dans ma lecture, c’est l’importance du monde sous-terrain. Nos héros crapahutent beaucoup dans les sous-sols et cavernes, où ils rencontrent la plupart de leurs ennemis. Bélerin est un elfe noir du monde du dessous, qui a été offert en quelque sorte au monde du dessus. Les lapins deviennent presque des alliés pour leur capacité à naviguer entre les deux mondes grâce à leurs terriers. Pourquoi cet intérêt pour l’univers souterrain ? Aimez-vous la spéléologie ? 

Pierre-François Kettler : Le monde souterrain, il est à la fois physique et psychique.

Je n’aime pas particulièrement la spéléologie. Par contre, j’aime plonger à l’intérieur de mon univers intérieur et y découvrir ce qui s’y trouve enfoui.

Cela vient à la fois de l’univers de jeu de rôles évoqué précédemment, où les aventures souterraines sont nombreuses (pour des raisons d’unités de lieu), mais également des notions de conscient et d’inconscient.

« Je ne sais pas combien de milliers de milliers de pas nous avons parcourus sous la terre au cours de nos aventures. Les premiers furent les plus longs et les plus angoissants. »

L’Eschylliade tome 1 – Aux apparences ne te fieras écrit par Pierre-François Kettler

Q : Il y a également des scènes d’action et beaucoup de combats. Ces derniers sont très organisés puisque vos héros possèdent chacun des talents spécifiques : sorcier, voleuse, guerrier, archer, guérisseur… Vous n’avez pas voulu créer de personnage « couteau suisse » polyvalent ? C’est parce que vous souhaitiez les voir travailler en équipe ?  

Pierre-François Kettler : Je crois que l’intelligence humaine est d’abord collective, ou, du moins, que l’union des talents permet d’avancer et de résoudre les problèmes rencontrés. Il y a tout de même un personnage qui sait tout sur tout, c’est Eschylle. Même s’il ne fait pas grand-chose en apparence. Il est vrai que le lecteur n’a que son point de vue… qui peut, parfois, être tendancieux.

Dans le tome 3, il y a un personnage un peu comme ça, « couteau suisse », pour reprendre votre expression.

Solitaires, mais solidaires, nous dit Victor Hugo.

Pour les combats, je me suis beaucoup inspiré du cinéma chinois ou de Hong-Kong. Ces personnages réalisent des cascades hallucinantes dans une débauche visuelle poétique. J’essaie de recréer de tels combats. La Liane réalise des cascades impressionnantes qui lui permettent de compenser sa petite taille. Léo est élégant dans ses mouvements et dans sa parole (quand il s’exprime car il parle peu).

Q : Quand on bouquine L’Eschylliade, ou de manière générale vos autres textes consacrés à Belmilor, on sent que vous avez fortement envie de partager cette histoire et qu’elle vous tient à cœur. Est-ce que vous la destinez à un public en particulier ? Comment définiriez-vous le lecteur idéal pour ce roman ? 

Pierre-François Kettler : Je suis curieux de savoir comment vous sentez que j’ai fortement envie de partager cette histoire… mais si c’est le cas, j’en suis enchanté.

J’ai écrit L’Arc de la lune en le lisant au fur et à mesure, chaque soir, à un enfant de neuf ans.

J’écris pour être lu aussi bien par un enfant de neuf ans que de quatre-vingt dix-neuf ans. Il y a plusieurs niveaux de lectures, donc plusieurs types de lecteurs possibles.

La littérature s’adresse à tous.

« La neige, vaste crêpe crémeuse et cristalline, craquait, crissait, crépitait, de tous les cristaux de sa croûte. Nous crapahutions sur ses crêtes crénelées, creusant notre chemin, évitant les crevasses. »

L’Eschylliade tome 1 – Aux apparences ne te fieras écrit par Pierre-François Kettler

Q : Quels monstrueux projets nous réservez-vous pour l’avenir ? Des dates de sortie sont-elles déjà programmées pour les futurs tomes de L’Eschylliade ? 

Pierre-François Kettler : (Rires) J’espère que ce ne sera pas trop monstrueux. Le tome 2 est censé sortir fin 2021. Il y en aura un par an. Et peut-être s’y inséreront des présuites (prequel en anglais).

Q : Et pour finir, l’affreuse question ! Si vous deviez choisir un livre ou film à placer sur une étagère de la Monstrothèque, lequel et pourquoi ?

Pierre-François Kettler : Comme livre : Le Meurtre du commandeur, de Haruki Murakami, parce que c’est un chef-d’œuvre, parce que c’est une réflexion sur l’art et sur la vie, parce qu’il écrit entre rêve et réalité.

Un grand merci à M’sieur Pierre-François Kettler pour sa participation !

L’ouvrage L’Eschylliade tome 1 Aux apparences ne te fieras, fraîchement paru en septembre/octobre 2020 est disponible un peu partout. Vous avez sur le site web des éditions d’Avallon diverses méthodes pour vous le procurer en format papier ou ebook.

Le roman pèse 174 pages. Il est estampillé de 9 à 99 ans, mais aux chiffres ne vous fierez non plus, ce n’est pas que de la fantasy, ni que de la littérature jeunesse. Vous y trouverez dedans de la poésie, de l’humour, des jeux de mots, des pensées bienveillantes et positives. C’est le feel good de la fantasy jeunesse, si on voulait tout mixer en un.

Si vous souhaitez découvrir Pierre-François Kettler, sa passion pour les chats et le théâtre, ses multiples casquettes professionnelles, voici sa carte de visite :

5 commentaires sur « L’interview-monstre n°4 »

  1. Interview très intéressante à lire ! L’univers semble très riche et un chat comme narrateur est une idée plutôt originale ! Par contre, heu… je n’ai pas compris les jeux de mots cités dans la raison n°2 de ton intro hum… ^^

    Aimé par 1 personne

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