Les rats de Banksy

Rat de Banksy – vu sur Graffmag

C’est l’été. Les glaces fondent sur les pantalons. Les papillons de nuit se cachent derrière les volets en bois. L’ombre devient aussi convoitée que l’anneau unique.   

La résultante : je suis sorti de mon antre et vagabonde à la recherche de nouveaux monstres. La Monstrothèque prend un rythme patachon pour quelques semaines. Et moi, des coups de soleil. Foutrebique, je comprends mieux pourquoi Nosferatu ne voyageait que de nuit.

Cette semaine, j’en ai croisé quelques sympathiques au détour des chemins (des monstres), essentiellement sous forme de graffs, pochoirs et autres collages éphémères. Les murs de la cité prennent vie, se couvrent de fantômes ou d’extraterrestres et moi, je bondis de trottoir en trottoir dans une douce exaltation.

Vive le street art.

D’ailleurs, si vous êtes à Paris ou à proximité, une chouette exposition est organisée :

The World of Banksy : the immersive experience

Espace Lafayette Drouot à Paris

L’expo qui ne devait durer qu’un an est prolongée jusqu’en décembre 2020. Tarifs : 14 € adulte / 12 € enfant / gratuit pour les moins de cinq ans.

Franchement, c’est pas mal à faire (même si elle a été organisée sans l’accord de l’artiste et même si le prix est un poil élevé pour ce que c’est). Ça vous prendra une bonne heure tout en lisant les panneaux explicatifs. La salle est climatisée. (Youuh !) Certains graffs sont présentés sous cadre, d’autres sont reproduits directement sur de faux murs. De quoi vous mettre dans l’ambiance…

Banksy, Who is ?

Pour la faire courte, c’est un gentil voyou avec plein de convictions bien tranchées. Street artist, il aime les afficher dans les rues sous forme de graffitis. Souvent les thèmes sont récurrents : le capitalisme, le fric, la guerre, les pauvres, les vieux et autres gens vulnérables. Il manie les pochoirs, la poésie, la provoc’ et les punchlines.

Originaire d’Angleterre, son travail a commencé à être remarqué dans les années 1990. Bien que tout à fait anonyme et bossant sous pseudo, Banksy est parvenu à se faire un nom. Aujourd’hui ses œuvres sont « récupérées » et revendues pour des prix indécents. (La dernière en date, sauf erreur dans les 700 000 € lors d’enchères…) Ou détruites, parfois, comme de simples tags nauséabonds. Il s’en amuse. Il vient d’ailleurs d’ouvrir un site marchand alternatif où il est possible d’acquérir divers objets détournés par sa patte. (Mais attention, pour avoir le droit d’acheter, il faut répondre à une question philosophique sur l’importance de l’art dans le monde contemporain… Un type sélectionne ensuite les bonnes réponses et filtre les clients. )

Maintenant, on fait des expos sur lui (dont celle-là), on écrit des livres, on réalise des films… En bref, c’est la pop-star des graffeurs de rue. Celui qui a réussi à rendre populaire une pratique artistique illégale. Le Robin des Bois des murs.

Banksy, c’est un monstre ?

Pas tout à fait. Mais il y a une dimension « monstre » dans son travail, dans la mesure où c’est… un passionné des rats.

(Là, les princesses montent sur une chaise en piaillant.)

Le rat est un animal lourd de symboliques. Voleur invasif de nos poubelles, nuisible, porteur de maladies, de malheurs… Quand les rats quittent le navire, c’est qu’il va couler. Chaque fois qu’ils se barrent d’une maison dans une farandole générale, c’est que la bicoque va s’effondrer.

Notre ami rongeur fait partie des animaux malveillants dans l’imaginaire collectif. Vous le retrouverez dès qu’il y a besoin d’ajouter une composante glauque à une ambiance. Genre 1917, les rats dans les tranchées. Nosferatu, ses serviteurs sont des rats. Le joueur de flûte de Hamelin, célèbre conte de Grimm, L’Enterrement des rats de Bram Stoker, Les Rats dans les murs de Lovecraft, la Tétralogie des Rats de Herbert, Poste de Nuit de Stephen King…

Banksy part du principe que graffeurs et rats, même combat. Les deux espèces sont haïes de la populace, persécutées et traquées. Elles existent et se perpétuent dans l’illégalité la plus complète. Et paf, point commun. Donc, dans le cadre de cette exposition, vous pourrez contempler les rongeurs dans tous leurs états. Banksy les utilise comme les messagers de l’ombre pour pointer les défauts de notre société. (Avec pour signification évidente : les street artists sont là pour vous ouvrir les yeux.)

Les rats de Banksy durant le confinement

Banksy aime également les singes et les détournements de scènes célèbres. Mais ceci est une autre histoire.

Si vous appréciez son travail, penchez-vous aussi sur ce qui pourrait bien être sa muse… Blek le rat, un graffeur hexagonal moins connu du public, mais pareillement intéressant.

En attendant, n’hésitez pas à ra-pidement aller faire un tour à cette admi-ra-ble exposition.

Enjoy !

4 commentaires sur « Les rats de Banksy »

  1. Des rongeurs dans la Monstrothèque ! Gare à l’invasion !
    J’adore ce que fait Banksy, et ces rats me semblent d’espiègles frondeur mais pourtant bien sympathiques. Je tâcherai d’aller voir si la vermine est plus belle à cette expo.

    Aimé par 1 personne

  2. Momentanées. =p C’est la faute aux vacances, moi je suis non coupable.
    Banksy fait vraiment du super boulot. Ce ne sont pas ses rongeurs que je préfère, mais plutôt les graffs’ un peu mordants (Tu en as quelques uns ici : https://street-art-avenue.com/street-artist/banksy) Pour les rats, c’est vraiment quelque chose que j’ai appris en visitant cette expo, j’ignorais la symbolique qu’il cachait derrière. Ce sont de joyeux petits monstres.

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