Reims Polar 2023 #01 – Cérémonie d’ouverture

Je ressors la tenue de guêpe pour une série d’articles, qui seront postés en différé, faute de temps entre deux séances. 🙂

La troisième édition de REIMS POLAR FESTIVAL est en cours, avec une super programmation de cinquante films.

En préambule, petit retour sur la cérémonie d’ouverture de cette année.

En jauuuune et noir…

Comme toutes les bonnes journées d’avril, dans la cité du champagne, il pleuviote finement. Les fleurs de cerisier précocement écloses s’envolent (un yakuza sort d’une limousine), les pavés brillent sous la pluie (n’y voit-on pas le reflet d’un flingue ?), on entend un bouchon de champagne qui saute (tout le monde à terre).

Il est vraiment temps que Reims Polar revienne, car je commence à voir des films noirs partout.

La préparation du festival a commencé par une question à dix points. Doit-on prendre un pass, ou doit-on prendre un ticket à l’unité ? Non, parce que, si le pass peut paraître une évidence à tout cinéphile non accrédité, les tickets à l’unité garantissent une entrée en salle, alors que les passmen n’entrent que s’il reste des places disponibles.

Bref, soyons fous. Cette année sera aventureuse ou ne sera pas. Pass pour tout le monde et on va compter sur la chance.

Le podium devant le cinéma partenaire s’est installé discrètement dans la journée de lundi. Cependant, grande innovation : plus de file d’attente extérieure cette année. Si vous arrivez une demi-heure avant, vous entrez dans la salle une demi-heure avant. C’EST MIEUX.

Au final, l’organisation était au poil, compréhensible, fluide, avec des bénévoles souriants et manifestement heureux d’être là. Nous aussi, nous étions heureux. Je ne sais pas si ça n’a pas un petit côté antithétique, mais à Reims, le polar respire de bonheur.

Puis la cérémonie d’ouverture :

Grand, grand discours du maire de Reims, deux fois plus long que l’année dernière / Jeux de mots traditionnels sur les polars / Remerciement à plein de monde / Ah, il ne parle pas des futurs pavés Walk of fame / Annonce : les élèves des écoles de ciné du coin vont réaliser des micros-trottoirs toute la semaine, ça va être marrant / La salle est quasi pleine, mais pas tout à fait pleine / Le maire n’a pas encore fini / Reims, ce futur Cannes… / Ah ça y est, on passe au président du festival / Qu’il est lyrique, notre président ! Il veut adouber des gens / Ahah, son discours est plus court, mais bien amusant / Présentation des gens du jury, mon voisin de droit a l’air de tous les connaître / Philippe Rouyer est dans la salle !!! / Tiens, on dit « tchatam » et pas « chatant » pour Maxime Chattam / Nom d’un chien, le président parle en italien, maintenant / Hommage à Pierfrancesco Favino, qui est présent et a l’air d’être un brave gars / Intervention du réalisateur du film d’ouverture, Andrea Di Stefano / Pierfrancesco Favino et Andrea Di Stefano se jettent des fleurs, c’est meugnon.

De manière générale, le discours a été moins politisé que l’année dernière. La situation internationale n’a pas été évoquée. Les intervenants sont restés prudents tournés vers la passion commune, le cinéma. Le mot d’ordre étant : on se recentre. Cette année, hommage au polar français, et à côté de ça, on accueille 20 films de nationalités différentes, ouverture sur le monde, comme si c’était une forme de faveur. Un peu curieux pour un festival international, mais ils doivent avoir leurs raisons.

Dans les informations intéressantes données, la sélection officielle et sang neuf qui regroupent une quinzaine de films au total en compétition est le résultat d’une présélection de 167 concurrents au top départ. (nombre dans ces eaux-là.) C’est à la fois peu, et beaucoup, car il faut rappeler que le festival n’accepte que les polars et assimilés et qu’il s’agit d’un genre restrictif. A titre de comparaison, le festival de Cannes examine environ 2 000 films chaque année pour composer sa sélection officielle, mais tout genre confondu. A titre de comparaison encore, pour l’année 2020, le cinéma français a sorti 195 films dans les salles de cinéma (et 55 films américains, plus une 100 de films autres nationalités). 167 films concurrents, c’est presque autant que ce que peut produire le cinéma français en un an.

A noter également, la réglementation cannoise est telle qu’un film ne peut pas participer à la fois à Cannes et à Reims Polar. (sauf mauvaise compréhension de ma part) Les aspirants de Reims Polar renoncent donc à toute sélection officielle/hors compétition/un certain regard/ au festival de Cannes de mai suivant. Ce qui peut expliquer pourquoi l’année dernière, nous avons pu voir des polars merveilleux à Cannes (Holy Spider, Decision to leave, As Bestas…) qui n’étaient pas à Reims, des polars merveilleux à Reims qui n’étaient pas à Cannes, et nous demander pourquoi cette division, puisqu’ils étaient de qualité si ce n’est identique, très similaire.

Exception à la règle, un film peut être à Cannes en 2022 dans une sélection parallèle hors compétition officielle (en l’occurrence, la semaine de la critique), et ensuite à Reims en 2023. On va dire que c’est la règle About Kim Sohee.

Je ne sais pas comment s’articulent réellement ces différents festivals, mais ça serait bien que les candidats ne soient pas obligés de choisir entre deux, pour que les polars puissent vraiment être présentés librement. Reims est amenée à devenir un grand nom des récits glauques et poisseux. Autant lui laisser les mains libres pour offrir la meilleure programmation possible.

Notre président parlait de Deauville et de Gerardmer.

Reims, troisième tête de notre hydre cinéma ?

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