Reims Polar 2023 #06 – God’s Country de Julian Higgins

Dernière ligne droite pour le festival du film policier. Le dimanche du festival est consacré aux rediffusions des films vainqueurs. Dont God’s Country, récompensé par le prix Sang Neuf, conduit par le jury de Maxime Chattam.

God’s Country de Julian Higgins

Les troubles de voisinage sont à la mode, cette année.

Après le superbe As Bestas de Rodrigo Sorogoyen récompensé du César du meilleur film étranger et de 9 Goyas au moins (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur acteur dans un second rôle, meilleur scénario original, meilleur montage, meilleure musique originale, meilleur son)…

Après le formidable Nos Soleils de Carla Simon, ours d’or 2022 et qui s’est vu rafler tous les prix des Goya par As Bestas… (Dommage !)

Voici God’s country, une terre de croyances déçues, abandonnée du ciel, et dont la devise pourrait être, selon les flics locaux « débrouille-toi tout seul ».

Trois réponses possibles à un même pitch de base. Que faire quand ça se passe mal avec nos voisins ?

De quoi ça parle ?

Une femme dans une ferme isolée du Montana s’énerve de la présence de deux chasseurs sur sa propriété.

Histoire d’une escalade de violences, quand deux personnes rivales estiment être dans leur bon droit.

Pourquoi voir ce film ?

Je pense que l’une des raisons pour laquelle ce film a été primé cette année est la complexité de son écriture.

Les personnages principaux sont fouillés, qu’il s’agisse des antagonistes ou des protagonistes et au-delà de leur guéguerre, le texte s’élargit pour laisser entrer la grande histoire américaine dans la petite. Ce qui paraissait être un affrontement d’une dimension personnelle devient un combat sociétal, une lutte entre le bien et le mal, le droit et le non-droit, pour l’inclusivité et le respect dans un univers où chacun fait sa place par la force.

Le rythme du film est très lent et il n’y a que très peu de rebondissements, si bien que parfois, je me suis demandé s’il pouvait vraiment être considéré comme un polar. Pourtant on y retrouve des séquences de violence, de vengeance, le recours à la police, des éléments clefs balisés. Mais ce film donne l’impression d’être tellement plus que cela qu’il entre difficilement dans une case. Peut-être ont-ils fait gagner le moins polar de tous (un peu comme Assault en 2022), mais le plus original.

On pourrait aussi l’appréhender comme un western, avec ses espaces immenses, sa solitude infinie et ses règlements de compte directs pour la défense de son territoire.

Bonne découverte en tout cas, on se laisse porter par l’histoire et ça passe crème.

Très bon casting également, avec le trio Thandiwe Newton, Jefferson White et Joris Jarsky qui nous livre une belle performance.

A bientôt pour le dernier film de la compétition !

Retrouvez les précédentes chroniques du Reims Polar 2023 :

#01 Cérémonie d’ouverture

#02 – Dernière nuit à Milan de Andrea Di Stefano

#03 – About Kim Sohee de July Jung

#04 – Master Gardener de Paul Schrader

#05 – La Maleta (Lost and Found) de Jorge Dorado

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