Reims Polar 2026 #03 – The Last Viking d’Anders Thomas Jensen

Je parlais hier des points communs en terme d’ambiance, entre le film Red Code Blue, et les très connues Enquêtes du Département V.

Par un coup du sort, aujourd’hui, nous retrouvons Nikolaj Lie Kaas, l’acteur principal aux sourcils froncés du département V, à la V…iking party organisée par Reims Polar, pour l’avant-première du film d’Anders Thomas Jensen.

Je sais pas vous, mais moi, quand on m’a dit qu’il y avait Mads Mikkelsen dedans, j’ai juste foncé direction le Danemark !

The Last Viking n’est pas encore sorti en France, mais il a été présenté hors compétition à la Mostra de Venise, en septembre dernier. Il bourlingue depuis, de festival en festival, passant par différents pays et continents, et ça tombe bien, parce qu’avec ses faux airs de road trip familial, l’accueillir en étape de quelques jours à Reims est sans doute la meilleure façon de le découvrir, avant qu’il ne poursuive sa route.

Affiche du film Red Code Blue de Oskars Rupenheits, participant à la compétition du festival Reims Polar 2026
The Last Viking d’Anders Thomas Jensen

De quoi ça parle ?

De deux frères : l’un est braqueur de banque, l’autre vole au-dessus d’un nid de coucou…

Quelques secondes avant son arrestation, M’sieur le braqueur va confier l’argent du casse au frérot, en lui disant précisément de l’enterrer dans le jardin de la maison de leurs parents, à côté de la table des anniversaires…

Ça devait être facile… Eh bien non !

15 ans de taule plus tard, notre braqueur ressort, retrouve son frère, et demande à récupérer l’argent.

Problème n°1 : Son frère souffre de troubles dissociatifs de l’identité et il a depuis vachement eu le temps de se perdre en lui-même. Il se prend désormais pour John. (Lennon.) Bien sûr, la table des anniversaires, il ne s’en souvient plus…

Problème n°2 : Un ancien complice du braquage décide de se retourner contre notre protagoniste, voulant récupérer le fric caché. Il lui laisse trois jours pour lui rapporter l’argent, sinon, il dézingue tout le monde. Et il faut dire qu’il a des arguments plutôt frappants.

Quand on veut survivre, il n’y a pas trente-six solutions : on prend une pelle, un van, on repart direction la maison familiale pour une chasse au trésor en compagnie de John Lennon…

Mais forcément, quand on creuse un peu au hasard, ce ne sont pas les billets de banque que l’on déterre, mais les souvenirs…

Pourquoi voir ce film ?

Parce qu’il est frais. Et drôle, option humour noir. Et parce qu’ils sont cools, les Beatles !

En ressortant de la séance (en chantant), je me suis demandé s’il s’agissait réellement d’un polar.

Je parlais d’un road trip, mais c’est plus un voyage initiatique du présent vers le passé. Ou… une sorte de grande errance entre frères paumés.

Le film dresse un portrait de famille, entre les deux frères, la sœur, une mère décédée et un père absent. On se rend compte qu’il n’y pas que John qui a des problèmes de mémoire, et qu’avec le butin, il y a un certain nombre de lièvres à déterrer.

Il n’y a pas de flic, pas d’enquête, pas de crime. Par contre, il y a de la violence, oui. Un peu. Et des punchlines avec un couple de personnages secondaires en pleine Guerre des Rose. Ça tape verbalement et physiquement. Et il y a du passé obscur, trouble, des traumatismes, tout ce qu’il faut. Donc, en dépit de la confusion des genres, c’est bien un polar…

Les troubles dissociatifs de l’identité sont aussi souvent associés aux films noirs. On en parle dans Shutter Island, dans Split, pour ne nommer qu’eux, mais les exemples ne manquent pas.

A noter que dans The Last Viking, à ce sujet, ils ont essayé de faire les choses bien. Déjà, on ne confond pas troubles dissociatifs et schizophrénie. On n’est pas en train de parler de folie toutes les deux minutes, en dévoyant le mot. Et puis, on s’aperçoit rapidement que même les gens sains d’esprit ont leurs failles intérieures qui laissent passer la lumière…

The Last Viking, c’est aussi un concentré de WTF, de personnages truculents, de parenthèses ouvertes, de situations sans queue ni tête. Je peux difficilement en parler plus avant sans divulgâcher, et comme j’ai trop vu passer la publicité avec Spoilerman ces derniers jours, j’ai un peu peur de voir Ahmed Sylla débarquer chez moi si j’ouvre ma grande bouche. 🙂

Mais allez voir The Last Viking lorsqu’il reviendra (en concert) ! C’est perché, mais c’est chouette !

A bientôt pour le quatrième film du Reims Polar 2026 !

Retrouvez les précédentes chroniques du Reims Polar 2026 :

#01 La Corde au Cou de Gus Van Sant

#02 Red Code Blue de Oskars Rupenheits

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