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Alien, le huitième passager : le monstre est partout !

Alien, le huitième passager de Ridley Scott avec Sigourney Weaver

En plein milieu du tournage, le sculpteur et spécialiste des effets spéciaux, Carlo Rambaldi, ne résiste pas à la tentation de faire part à Ridley Scott de sa circonspection : pourquoi, d’une séquence à l’autre, celui-ci s’ingénie-t-il à ne filmer que de minuscules fragments de sa créature, qu’il a pourtant mis tant de temps à concevoir ?

Ou bien : pourquoi cette superbe chimère de latex, dont il a travaillé avec minutie chaque détail dans son atelier, est-elle toujours dissimulée derrière une épaisse couche de nuit ?

Une inquiétude pleine d’orgueil – à quoi les événements donneront du reste tort (Rambaldi remportera l’Oscar de sa catégorie pour Alien) – mais qui souligne une des problématiques centrales du cinéma d’épouvante: à quel point faut-il montrer le monstre ?

Extrait « Alien, le monstre est partout » de Louis Blanchot, rédacteur du dossier enseignant n°159 CNC « lycéens et apprentis au cinéma » Alien, le huitième passager, un film de Ridley Scott.

En voyageant dans la nébuleuse web, on déniche parfois quelques pépites astrales.

Aujourd’hui encore, je viens de mettre la main sur un bon dossier proposé aux participants de « lycéens et apprentis au cinéma » et consacré à Alien, le huitième passager de Ridley Scott.

Le dossier est disponible en téléchargement sur le site du CNC, ce qui est une excellente nouvelle pour ceux qui sont sortis du lycée mais qui veulent quand même aller au cinéma se faire de bonnes rétrospectives.

Livret enseignant « Alien, le huitième passager »

Livret élève « Alien, le huitième passager »

Je vous recopie le sommaire :

  • Fiche technique
  • Ridley Scott, l’homme qui aimait les images
  • La genèse d’Alien, une œuvre collective
  • Découpage narratif
  • Récit : qui est la menace ?
  • Mise en scène : l’extraordinaire dans l’ordinaire
  • Mise en scène : le monstre est partout !
  • Mise en scène : la rétention d’effets
  • Séquence : une partie de cache-cache
  • Figure : l’alien, la peur sous toutes les coutures
  • Personnage : la malédiction de Ripley
  • Bande-son : le pouls de l’angoisse
  • Document : extrait du story-board

Le rédacteur de ce dossier de sensibilisation n’est autre que Louis Blanchot, critique de cinéma pour diverses revues et auteur de bouquins, tel que Les vies de Tom Cruise paru en 2016. (Non, Tom Cruise n’a rien à voir avec les Aliens. Quoique.)

Naturellement, ce qui me plaît surtout, sont les paragraphes consacrés aux monstres et à leur emploi au cinéma. Dans le film de Ridley Scott, l’alien est volontairement caché tout du long du film, mais toujours présent. Plutôt qu’une apparition par jump-scare dans les angles, c’est sa dissimulation dans le paysage qui crée le ressort de l’angoisse, ce, soutenu par une musique efficace.

A noter par exemple que dans Kong, Skull Island de Jordan Vogt-Roberts qui est repassé à la télévision lundi soir, les choix du réalisateur ont été exactement contraires : dès la première demi-heure du film, le grand singe apparaît dans un plan large afin qu’on puisse se représenter sa force et sa grandeur. King Kong (et les autres monstres du film) ne sont jamais cachés. On les montre autant que possible à l’écran, horribles, hurlants et dégoulinant de sang/viscères. (J’exagère à peine !)

Deux procédés pour deux résultats très différents… Alien a marqué les esprits sur plusieurs générations de spectateurs ; Kong est un bon film d’action mais un mauvais film d’angoisse. On n’y retrouve aucune atmosphère… Contrairement à ses deux prédécesseurs au cinéma, qui avaient fait bien mieux avec d’autres choix scénaristiques et de mise en scène. (Rah, le King Kong de Peter Jackson !)

D’où l’intérêt d’introduire progressivement la bêbête.

Enjoy !

4 commentaires sur « Alien, le huitième passager : le monstre est partout ! »

  1. J’irai lire ce dossier mais c’est vrai que ne pas tout dévoiler d’un coup est plus efficace pour faire monter la pression (euh, je parle vraiment de monstres là, hein, pas d’autre chose ! ^^).

    Aimé par 1 personne

  2. Merci beaucoup pour cette ressource a laquelle j’irai me nourrir goulument.
    Il est vrai qu’on peut difficilement trouver plus grand écart entre Alien et Kong Skull Island (dont je ne connais que la BA). Sont-ils d’ailleurs à ranger dans la même catégorie ?
    Je suis curieux en tout cas de lire l’analyse de Blanchot sur le cinéaste Scott, surtout dans la perspective d’un nouveau film tourné en France sur les terres même qu’il avaient foulées pour son premier Duel.

    Aimé par 1 personne

  3. Dans la même catégorie, c’est difficile à dire… Les deux sont classés en Sci-fi, mais l’un se déroule dans un vaisseau spatial et l’autre sur une île coupée du monde. Le premier est un film d’horreur, le second pourrait en être une mauvaise caricature. Certains passages de Kong visent clairement à faire peur (jump-scare, scènes gores, monstres) mais il y aussi trop d’humour lourdingue pour vraiment parler de film d’horreur. Ils ont voulu y mélanger de l’action, de la science-fiction, des scènes de film de guerre, de la romance, des instants poésies… Le cocktail pour en faire un film susceptible de plaire à tout le monde reste un peu sur l’estomac.

    Par contre, le pitch est le même : huis-clos dans un territoire rempli d’aliens, escape-game géant.

    Pour Kong, le film est relié à l’univers des deux derniers Godzilla, avec la société secrète Monarch. Ils vont en faire un quatrième opus Kong versus Godzilla, je suppose.

    Ohoh, tu as des infos sur le prochain film de Scott ? Je n’ai pas suivi mais ça m’intéresse !

    J’aime

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