Nous sommes temporellement le mardi 5 avril 2022. Il bruine légèrement, de quoi sortir les parapluies. (Dans la région, on dit que c’est beau temps.)
La cérémonie d’ouverture a lieu ce soir et AUCUNE info n’a filtré sur ce qui allait se passer.
Beaucoup sont arrivés en avance et une file d’attente grossit autour des barrières d’accès à l’entrée du cinéma où seront projetés tous les films du festival.
A gauche, des voitures avec chauffeurs déposent les membres du jury avant que ceux-ci n’aillent se faire alpaguer par les photographes. A droite, des oriflammes OCS claquent dans le vent.
Très vite, un constat : Le monde se découpe en catégorie de populations. Les accrédités rouge, verts, sans couleur, les invités, les réservés, les sans réservation mais avec pass, les sans pass et sans réservation (les fous), les tickets à l’unité et ceux qui passent par là pour aller voir d’autres films (puisque le cinéma du centre-ville projette aussi sa programmation habituelle)
Sauf qu’hormis les officiels (membres du jury, équipe de film…), nous nous retrouvons tous parqués dans la même file (la grosse, évidemment, celle dont on ne voit pas la fin.)
Deux choses se produisent simultanèment : déjà, en bon français, nous râlons. Pourquoi cette file ? Pourquoi nous, alors qu’on a réservé/on est accrédité/on est invité/ on a le pass/ on a des billets/ on a pas de pass, pas de billet (les fous) ? Pourquoi cette organisation ? Est-ce qu’on est vraiment au bon endroit ?
Nom d’un chien, que c’est mal fichu, que c’est pas clair, ils sont en retard sur l’heure, pourquoi ils n’ouvrent pas les portes, what the fuck ?
Puis des stratégies sont mises en place pour essayer d’échapper à cette immense file d’attente. A tour de rôle, j’ai pu voir les gens remonter la file, aller parler avec le mec du FBI à l’entrée, se faire envoyer bouler et venir réintégrer leur place initiale.
Moralité : on n’est pas au festival du polar pour rien, le public se rebelle. Mais toute tentative de corruption est vaine, la loi (du festival), c’est la loi.
Hormis ce petit préambule chaotique, tout le reste de la soirée d’ouverture fut très sympa. Je vous le fais en mode accéléré :
La salle est archi-pleine / TOUT est réservé aux guests, ceux qui ont réservé ont des places où c’est marqué « non réservé » / Le maire de Reims lance le discours de bienvenue / Le présentateur-traducteur binôme a un très joli accent anglais / On place une pensée pour l’Ukraine / On fait une blague sur Will Smith / On fait une blague sur le champagne / Niels Arestrup est applaudi plus longtemps que tous les autres / Le président du festival Reims polar prend la parole / Il fait des private joke / Le traducteur a du mal à en placer une, ça vire au sketch comique / On évoque la pandémie et le retour dans de vraies salles / Philippe Rouyer vient présenter l’hommage à Walter Hill / Philippe Rouyer quoi !!! Je ne savais pas qu’il présidait le jury de la critique !!! / Je vous ai déjà dit que je suis fan de Philippe Rouyer ? / En fait, Philippe Rouyer est exactement en vrai comme lorsqu’on le voit à l’écran. Toujours beaucoup d’enthousiasme. / Walter Hill descend du haut de la salle vers le bas / L’instant est chargé d’émotion et tout le monde boit ses paroles / Cet homme est un monstre sacré / On lui remet un trophée qui brille, qui doit coûter cher, mais de loin on dirait du plastique. / Walter Hill est bien content d’être là / Tout le monde est bien content d’être là / La vie est merveilleuse.
Quelques images du futur film de Walter Hill sont projetées en avant-première mondiale exclusivité de ouf. C’est un western qui a l’air de dépoter avec un beau casting. Puis le gars remonte à son siège et se fait poursuivre par des fans en quête d’autographes.
On nous aurait proposé une flûte de champagne avant d’enchaîner avec le film d’ouverture, on aurait presque dit non merci, effet d’ivresse déjà présent.
Parfois, on se demande à quoi ça peut servir ces cérémonies officielles où les discours s’enchaînent. Mais vraiment, à vivre, c’est un excellent moyen d’entrer dans l’univers parallèle du festivalier et d’en ressortir au bout de la semaine.
A bientôt pour le débrief du film d’ouverture. =)
