Première projection pour la cérémonie d’ouverture, un film hors compétition choisi dans le cadre de l’hommage à m’sieur Pierfrancesco Favino, acteur italien de théâtre et de cinéma à la filmographie bien chargée et aux multiples récompenses.
(Il est jeune en plus, 53 ans. Misère, 60 films déjà dans sa filmographie ! Il carburetor Favino !)

M’sieur Pierfrancesco Favino et m’sieur Andrea Di Stefano sont venus dire quelques mots. Ce que j’en retiens : ils se sont bien amusés et sont contents d’avoir travaillé ensemble.
Andrea Di Stefano est quelqu’un de plutôt sympathique, qui explique avoir bossé par plaisir et sans objectif de réussite quelconque. Il a demandé à m’sieur Favino de jouer de manière minimaliste, très intériorisé, voulant un personnage principal discret, mais grand par ses actes.
Autre point important, le film repose sur une critique sociétale de la mauvaise rémunération des flics en Italie, ce qui pourrait les contraindre parfois à accepter des extras au black. Tout le film est construit sur ce sujet polémique évoqué en filigrane.
Vient le moment de la projection. (Et là, trente personnes sortent de la salle, parce que ça y est leur journée de travail est terminée et le film ne les intéresse pas… vive les festivals de cinéma. ^^ On en oublie vite qu’on n’est pas tous là par plaisir.)
De quoi ça parle ?
Une vie de flic. (voilà qui va plaire au jury de la police. Maiiis il est hors compétition.)
Monsieur Amore n’est qu’amour. De toute sa longue carrière de flic, il n’a jamais tiré un seul coup de feu de sa vie. V’là qu’il arrive à la veille de son départ en retraite, et il accepte un extra pour arrondir ses fins de mois. Et v’là que la mission se déroule mal et qu’il va devoir se servir de son arme. IL NE DEVAIT PAS TIRER. On ne l’avait pas choisi pour ce job par hasard…
Pourquoi voir ce film ?
Parce qu’il s’agit d’un film policier très traditionnel dans sa structure : situation initiale => flash-back dix jours avant => retour au temps présent => enquête (légère) => dénouement.
Si vous aimez les histoires classiques (ce qui manquait à Niels Arestrup l’année dernière, en mal de « l’esprit Columbo »), ce film devrait vous plaire. Il est plutôt lisse, propre, bien réalisé, bien interprété.
Les paysages de nuit sur Milan sont splendides, la vue aérienne du générique de début est un petit kif à elle seule (d’ailleurs, elle doit bien durer 3min30, le temps de la première musique). On se sent plongé dans un labyrinthe, dans lequel un pion, notre Amore, va se faire manipuler.
Bonne découverte en somme, et ça fait plaisir de voir un film de polar italien au programme.
Si je modère mon enthousiasme néanmoins, c’est parce que le film m’a paru trop sage, trop prévisible du début à la fin. Le scénario se devine dès la première demi-heure et je trouve que les idées de base excellentes (un flic obligé pour la première fois de sa vie à utiliser son arme / un flic manipulé) ne sont pas suffisamment exploitées dans l’intrigue.
L’interprétation, quant à elle, était très agréable, et on y retrouvait facilement les explications de nos deux vedettes du jour. Effectivement : protagoniste très calme, des prises de décision importantes dans des situations d’urgence, le tout dans une ambiance mafieuse un peu poisseuse, un peu stressante. Promesse tenue. ^^
Le festival du film policier est officiellement lancé.
A bientôt pour le deuxième film de la compétition !
