Reims Polar 2023 #04 – Master Gardener de Paul Schrader

Nouveau film hors compétition, projeté lors de la soirée hommage au polar français.

Master Gardener de Paul Schrader

Bon, je ne vais pas épiloguer sur l’hommage au polar français, qui à mon sens, fut raté. Ce que je n’ai pas compris : pourquoi réunir plein de réalisateurs géniaux sur scène, pour juste prendre une photo de groupe ?

Je m’attendais à ce qu’il y ait un peu plus de conversation et d’échanges entre eux. Pas que ça soit un second photocall…

Passons à la projection du film que j’attendais le plus, cette semaine.

Paul Schrader, c’est le scénariste mythique de Taxi Driver, de Raging Bull, d’à tombeau ouvert… Et le réalisateur-scénariste du très réussi The Card Counter de décembre 2021, trois fois nommé à la Mostra de Venise.

C’est aussi un pote de Scorsese, De Palma, Spielberg… Il a travaillé avec beaucoup de grands noms du cinéma. Il a été souvent nominé, y compris aux Oscars, sans pourtant parvenir à décrocher de prix. Pour autant, il a été plusieurs fois récompensé pour l’ensemble de sa carrière.

Son film, Master Gardener, a été présenté à la Mostra de Venise 2022 en hors compétition, avant d’arriver au festival du film policier de Reims. Il s’agit probablement d’un de ses derniers projets, puisqu’il a annoncé en septembre 2022 arrêter sa carrière.

Reste qu’un come back est toujours possible, dans l’univers du polar, malgré ses soixante-seize ans.

Vient le moment de la projection.

De quoi ça parle ?

Des racines, des fruits, et de la plante qui se trouve au milieu.

Plus sérieusement, c’est l’histoire d’un jardinier qui va devoir se coltiner une apprentie. Et quelques autres trucs à base de drogue et de « white power », qui classent le film en catégorie film noir.

Si je vous dis : « passé sombre qui rattrape le héros, qui sort son flingue », je vous spoile malheureusement l’ensemble. (Mais en même temps, vous n’y perdrez pas grand-chose)

Pourquoi voir ce film ?

Parce que c’est un film de Paul Schrader, et parce qu’à mon avis, il doit être intéressant de l’analyser au regard des autres films de sa filmographie.

En dehors de cela, pris individuellement, c’est un film calme où il ne se passe quasi rien. On y jardine. Limite, ça donne envie d’aller se balader dans la nature et de regarder pousser des fleurs.

J’ai apprécié l’ambiance grand jardin, le rôle de Sigourney Weaver et l’aspect un poil méditatif qui se dégage de l’ensemble. Par contre, il m’a quand même manqué une intrigue. Là, le résultat est clairement peu inspiré. J’ai eu l’impression d’un mauvais copier-coller de The Card Counter, on reprend ce qui a marché (sans pour autant réussir à faire aussi bien), on remet deux ou trois trucs tirés au hasard dans un chapeau à clichés, et hop.

Mais tout est prévisible, plat. Des idées sont bonnes. Pourquoi des méduses sur le papier peint du salon ? Pourquoi cette relation étrange entre Narvel Roth (Joel Edgerton), Mrs Haverhill (Sigourney Weaver) et ce jardin ?

Je suis passé à côté de ce que j’ai vu, et j’ai regretté de ne pas avoir vu le film que j’aurais aimé voir. Ça arrive. Tant pis pour ma frustration. ^^

A bientôt pour le quatrième film de la compétition !

Retrouvez les précédentes chroniques du Reims Polar 2023 :

#01 Cérémonie d’ouverture

#02 – Dernière nuit à Milan de Andrea Di Stefano

#03 – About Kim Sohee de July Jung

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