Les avaries techniques à Cannes, épisode 3.
(Oui, je vous ai épargné les épisodes 1 et 2 de la vie au festival, avec la billetterie électronique qui fait couler de l’encre ici et ici, et le réseau de bus saturé, compliqué quand on est relégué aux salles du Cinéum ou de la Licorne, situées à 30 minutes du centre-ville.)
Je n’ai plus de wifi. Ou plutôt, il arrive et il repart aléatoirement. (Ceci n’est cependant pas la faute du festival, juste un mauvais alignement des astres et de la livebox du coin.) Donc vous aurez tous mes articles, en différé de chez différé. AAAAAH, comme on dit, en de pareilles occasions.
Moment parfait pour s’évader en Australie, loin de tous les problèmes placides du quotidien et donner des tartines de confiture aux kangourous avec Cate Blanchett.
Catégorie Un certain regard.

De quoi ça parle ?
Un jeune garçon aborigène arrive contre son gré dans une sorte de monastère qui sert également d’orphelinat local. Il va découvrir les mœurs occidentaux, l’écriture, le langage et évidemment la religion.
(Spoiler : il n’y a pas réellement de kangourous. Mais vous verrez un superbe lancé de boomerang. Cela fait PLAISIR de voir l’Australie au cinéma, on se croirait presque dans un film de Jane Campion, à un archipel près.)
Pourquoi voir ce film ?
Film magnifique, conçu un peu comme un western. Beaucoup de photographies marquantes, on sent que la caméra est tombée amoureuse des décors extérieurs comme personnages. (Il parait que le réalisateur travaille ce scénario depuis 18 ans !)
Regardez la bouille de notre protagoniste, interprété par le jeune Aswan Reid, qui sert provisoirement d’affiche de film. Comme quoi, on a parfois vraiment des cheveux d’or comme les blés, ce n’est pas qu’un cliché poussif.
Le garçon a des pouvoirs, il peut guérir le mal. Il est l’ami des serpents. Dans ce monastère où les croyances sont au cœur du quotidien, les points de vue se partagent dans l’interprétation de ses actes. Est-il sorcier, envoyé du diable ou envoyé de dieu ?
La situation se trouble davantage quand le nouveau garçon va découvrir le Christ en bois de l’église qui lui ressemble étrangement.
Aussi, notre jeune héros va être examiné sous toutes les coutures, comme s’il fallait rechercher un signe de quelque chose. Le spectateur se prête également au jeu.
Le film se veut contemplatif, mais pour autant, il y a du rythme, de l’humour et un rien de mystère. (Ce qui rend l’ensemble assez hypnotique) La salle est restée figée presque de bout en bout, avec des gloussements réguliers, ce qui est un signe de bonne qualité.
Il n’y a que la toute fin qui s’éternise quelque peu, le réalisateur ayant du mal à conclure son histoire. Hormis ce tout petit détail, c’est un excellent film.
A noter également la présence de Cate Blanchett au casting, qui livre une très belle interprétation d’une sœur renégate.
