2023 : bilan d’une année au cinéma

Joyeux printemps à tous. Les beaux jours éclosent. Les bourgeons itou.

Comme un animal craintif s’extrayant de son hivernation, le monstrothécaire s’ébroue aux premières lueurs solaires et retourne à la vie sociale.

En vrai, l’année 2023 fut une année cinématographique très fluctuante, avec de petits pépins sans gravité, mais perturbants dans les projets et les plannings. Il était temps de changer d’année.

Niveau comptable, 2023, ce fut malgré tout 289 films visionnés, dont 128 sorties.

Le blog a également dépassé son centième article, avec son rythme tout tranquillou de carnet de festival.

Pendant que Reims Polar approche, je vous choisis cinq titres made in 2023 particulièrement réussis :

KILLERS OF THE FLOWER MOON de Martin Scorsese

Avec Leonardo Di Caprio, Lily Gladstone, Robert De Niro, Jesse Plemons que j’apprécie de plus en plus.

Film américain / Durée 3h26 / Thriller

Le pitch : l’amour et l’argent ne sont pas faits pour aller ensemble, surtout quand c’est la femme qui est riche et que l’homme est blanc.

Le jeune Ernest Burkhart, rentré aux USA après la guerre comme un chien dans un jeu de quilles, doit faire son éducation auprès de son oncle.

Ernest va donc trouver un emploi, tomber amoureux de sa patronne Mollie Kyle, riche membre de la communauté indienne Osage, et servir la famille. Tout un programme.

Premier constat : j’aime les fresques familiales épiques dignes de ce nom. Plus qu’un thriller, le film flirte avec les genres historique, dramatique, romantique, tout en un, avec de super décors et costumes et un très bel aspect immersif. J’oublierai donc d’être critique quant à quelques aspects un peu moins réussis du film tant j’ai été emporté par l’ensemble.

A noter la velléité inclusive de Killers of the Flower Moon puisque la communauté Osage a été consultée et associée à différentes étapes, que ce soit pour l’écriture du scénario (qui repose sur un fond d’histoire vraie), que pour le choix des acteurs et diverses autres prises de décision.

Le film a raflé dix nominations aux Oscars et on a vraiment cru que l’actrice Lily Gladstone avait ses chances contre la reine Emma Stone.

Merci Scorsese pour ce moment.

LE RÈGNE ANIMAL de Thomas Cailley

Avec Romain Duris essentiellement…

Film français / Durée 2h10 / Fantastique, drame

Le pitch : Le retour à la nature de l’humanité demande une période de transition.

Une des pépites cannoises de l’année, ressortie plus tard dans les salles. L’être humain est touché par une étrange maladie qui transforme peu à peu les gens en animaux plein de poil et légèrement agressifs. Sauvages quoi, comme le parfum de Johnny Depp.

Le point de vue narratif est celui d’une famille dont la mère est déjà passée de l’autre côté et vit enfermée dans un sanctuaire-clinique, plus zoo qu’autre chose. Une tempête propice vient en briser les murs, obligeant les policiers à rechercher les mutants dans la véritable nature.

Quand le fils commence lui aussi sa métamorphose, avec toutes les angoisses que cela provoque, il décide de partir à la recherche de sa mère.

Ce que je retiens de ce film est surtout sa poésie hypnotique. Une manière de parler de la différence, de la maladie, de la résilience, du cap de l’adolescence, mais aussi de l’écologie. De toute beauté.

EMPIRE OF LIGHT de Sam Mendes

Avec Olivia Colman et Michael Ward notamment…

Film anglo-US / Durée 1h59 / Drame, romance

Le pitch : Les cinémas sont des sanctuaires qui nous protègent de la réalité.

L’année 2023 a été très bonne en films britanniques. J’aurais pu citer Emily, The Quiet Girl, L’improbable voyage d’Harold Fry ou encore The Lost King, entre autres. Mais c’est celui-ci, sorti lors de la semaine du « trio cinéma », avec Babylon et The Fabelmans, qui m’a le plus ému.

Avertissement, il se peut que l’envie irrépressible de travailler dans un cinéma d’art et d’essai vous gagne d’ici le générique de fin. Même les clients désagréables, même la vente de popcorn, on pourrait tout supporter tant que la magie continue.

Meilleur spot de recrutement depuis ouh… Cinéma Paradiso.

Est-ce une critique de notre époque de streaming ? Ces empires de lumières ne sont-ils pas tous en train de s’éteindre ? N’ont-ils pas besoin de notre protection pour continuer à briller ? Et nous, n’avons-nous pas encore besoin d’eux ?

LE MONDE APRES NOUS de Sam Esmail

Avec Julia Roberts, Mahershala Ali, Ethan Hawke, Myha’la…

Film US / Durée 2h18 / Thriller

Le pitch : La fin du monde se produira lorsque l’être humain ne sera plus capable d’amitié.

Peut-être la réponse au film précédent, Le Monde Après Nous est une excellente pépite Netflix, abordant également la fin d’un monde. (Ce top 5 est à peine dramatique, dites-donc.)

Cette fois, la catastrophe s’est produite, une guerre a éclaté quelque part. Qui ? Où ? Quoi ? Pourquoi ? On n’en sait rien. Tout ce qu’on sait, c’est que la famille machin a loué une maison trop la classe, et qu’entre-temps, les propriétaires légitimes y sont revenus, parce que quitte à mourir, autant mourir chez soi dans le luxe avec cave à vins et piscine. Les deux familles, locataires et proprios, vont donc toutes deux être tenues de cohabiter dans ces derniers jours pénibles où l’humanité disparait.

De manière assez cynique, ce film n’est pas du tout un thriller ni un film de SF, c’est une satire sociale, dans la même lignée que Don’t Look Up, ou encore le très bizarre White Noise. Une fois par an, Netflix sort ses deux heures d’humour noir, eh bien voilà, c’est checké pour 2023.

Cette fois, c’est l’amitié qui trinque. Valeur suprême, illustrée par les 10 saisons de la série Friends, obsession de la jeune ado piégée dans cette baraque de luxe. Elle veut absolument en voir la fin avant de mourir. Seulement l’amitié est un mythe des séries de fiction, une chimère qui a disparu depuis longtemps de la planète.

Dans ce film, chacun devient méfiant, va prêter à l’autre de mauvaises intentions, d’autant plus quand une famille est blanche et l’autre est noire. Les amitiés de vingt ans entre voisins disparaissent en quelques secondes, l’aide s’achète ou s’octroie par le chantage ou la violence. Et même quand on parvient à casser la barrière, l’amitié reste un chainon manquant. On s’aime ou on se déteste, mais on ne sait plus être amis.

Comme si la disparition des relations amicales sincères était le site annonciateur de la fin du monde. Coup de gong.

WINTER BREAK d’Alexander Payne

Avec Paul Giamatti, Da’Vine Joy Randolph, Dominic Sessa…

Film US / Durée 2h13 / Comédie dramatique

Le pitch : Noël, quand trois âmes solitaires sont tenues de se confiner ensemble.

Allez, juste parce qu’il faut se remonter le moral, et qu’un Christmas movie aussi bon, ça ne se refuse pas. Bienvenue à l’université, bienvenue dans cette fin d’année toute pourrie, où les enfants sont morts, les parents sont absents, et tout le monde se fout de votre gueule et vous déteste.

Ceci est un anti-film de Noël. Ça sent le poisson, ça parle de putes et le sapin penche.

C’est l’histoire d’un prof, d’un élève et d’une cantinière qui se retrouvent coincés dans un établissement vide, froid et en travaux pendant les deux semaines des vacances de Noël.

Nos trois solitaires qui, bien évidemment, ne s’apprécient guère… vont parvenir à construire leur propre équilibre pour rendre ce Noël non pas inoubliable, mais à tout le moins réparateur. Entre âmes écorchées, il faut se serrer les coudes.

A noter, une très belle BO et un Oscar doré de gagné pour Da’Vine Joy Randolph, très mérité.

Et c’est reparti pour une nouvelle année. =)

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