Projection de la catégorie Sang Neuf, en présence de l’actrice Tülin Özen venue faire son petit coucou.
« Salut, merci d’être venus, bonne journée ! » Intervention brève.
Ce polar turc est également un ancien nominé du festival de Venise 2023, reparti bredouille l’année dernière et qui tient là quelques perspectives de vengeance.

De quoi ça parle ?
Un procès judiciaire en Turquie. L’avocate de la défense est prête à tout pour obtenir l’acquittement de son client, dont elle est convaincue de l’innocence.
Mais le jour du procès, la mère de l’avocate décède.
Pourquoi voir ce film ?
Parce qu’un polar turc, ça ne court pas les rues. Je crois n’avoir jamais vu de film turc tout court, d’ailleurs, et je suis bien heureux de pouvoir découvrir un nouvel horizon cinématographique.
Le film est un procès judiciaire habile, travaillé tout en sobriété et subtilité (certains diront avec des lenteurs), et laissant couler les événements, presque en temps réel.
Vous voyez Jack Bauer ? Eh bien, la temporalité cadrée sur une journée est sans doute le seul point commun qui existe entre la série 24h et ce film.
Pour le reste, l’ambiance tire davantage vers Anatomie d’une chute, sauf que le point de vue est centré sur l’avocate de la défense, et non sur l’accusé, la victime ou les éventuels témoins. La problématique est la suivante : jusqu’à quel point peut-on défendre son client ?
Parallèlement, le film aborde la difficulté de maintenir une frontière entre vie privée et vie professionnelle, quand l’un et l’autre touche aux drames humains. Affronter, choisir, tenir bon, ne pas tout mélanger.
Nul besoin de grandes scènes d’action. Les émotions sont tues pour garder l’esprit clair, mais s’expriment par des petits riens. Un nez qui saigne. Une musique. L’achat d’un paquet de cigarettes ou un rasoir.
Qu’est-ce qui fascine autant dans Hesitation Wound ? La lente descente aux enfers d’une avocate qui a des principes et qui s’apprête à y renoncer. On sait qu’elle va craquer, qu’elle lutte, mais ça ne peut qu’aller en empirant dans un monde où tout prend l’eau, même le Tribunal dont le plafond s’effondre en pleine audience.
La tempête extérieure gronde, et la foule pense davantage à la sauvegarde des traditions et des apparences, plutôt qu’à la justice et à la vie d’un innocent.
Une analyse proposée avec beaucoup de délicatesse.
A bientôt pour le troisième film !
