Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer

Joyeux Noël 2021 : bilan d’une année au cinéma

Ouais, eh bien ce fut dur, cette année.

Entre fermetures/réouvertures, déprogrammation/reprogrammation des sorties, jauges mises, démises, remises et autres péripéties, aller au cinéma est devenu depuis quelque temps un parcours du combattant.

Néanmoins, 2021 fut belle en termes de sorties et j’ai envie de perpétuer la tradition du TOP du Nouvel An.

Habituellement, je vous parle des films que je note au-dessus de 16/20, ce qui me permet de sélectionner la crème de la crème. Mais cette fois, sur les 106 vus en salle, j’en ai… 22 dans ma liste qui correspondent à ces critères, ce qui fait un peu beaucoup. Je vous en choisis donc cinq qui m’ont plus marqué que les autres :

DUNE de Denis Villeneuve

Avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac…

Film USA-canadien / Durée 2h35 / SF

Le pitch : Planète en guerre, trahisons intersidérales, et au milieu, l’Élu s’éveille.

Imaginez, des mois durant à ne visionner pour ainsi dire que des films d’auteur, à cause des reports en série des blockbusters américains. Et là, PAF, on vous envoie Dune.

C’est de la science-fiction, mais ça aurait pu être aussi bien de la fantasy. On s’en fiche en fait de sa nature profonde, ce qui compte étant l’immersion totale dans un monde imaginaire, ce, grâce à une ambiance soignée et une esthétique de l’image superbe. On s’y évade, on s’y projette. On y découvre des civilisations inconnues, de grandioses traquenards, des super pouvoirs magiques. Dune, volume 1, c’est comme Star Trek, le Seigneur des Anneaux, Harry Potter… C’est un bonbon de fin d’année. Un vrai lavage de cerveau. On se laisse porter par le film et on se déconnecte de l’univers pendant quelques heures pour aller chevaucher des vers des sables géants.

Dune vol. 1 est aussi un récit plein de promesses. Oui parce qu’en fait, et c’est mon principal reproche, il ne s’y passe pas grand chose. Denis Villeneuve ne prend pas le risque de décevoir, puisqu’il réduit l’histoire à son minimum et n’en raconte pas le dénouement. On pose les jalons de ce qui suivra peut-être un jour, si Dune vol.2 se fait. Mais c’est pas grave, ça reste un grand film, qui dans dix ans, trente ans, cinquante ans, sera toujours à voir ou à revoir.

Allez-y si vous voulez une petite dose d’épique et des complots politiques démesurés.

LAST NIGHT IN SOHO d’Edgar Wright

Avec Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Rita Tushingham…

Film UK / Durée 1h57 / Horreur Thriller

Le pitch : Les rêves peuvent-ils se raccorder à la réalité ?   

Ceci est la pépite réservée à ceux qui ont eu de la chance. Le film a été très mal distribué, de sorte que peu de cinémas l’ont programmé. Cependant, l’enthousiasme qu’il a soulevé sur les réseaux sociaux a permis quelques « rattrapages » tardifs. C’est ainsi que mon cinoche l’a finalement projeté deux mois après tout le monde, lors d’une séance unique du dimanche matin, sur laquelle je me suis littéralement jeté.

Et ça valait bien le coup. Ici, une jeune fille triste se réfugie dans ses rêves, et ceux-ci commencent à prendre le pas sur son quotidien. Jusqu’à ce que les rêves se transforment en cauchemars, au point de ne plus pouvoir fermer l’œil de la nuit. Le Soho des années 50 n’est pas tout à fait celui des comédies musicales fantasmées, mais plutôt celui des travailleurs du sexe et des maquereaux. Les femmes y sont des proies faciles. Désillusion, introspection, soupçons et crises de nerfs sont les ressorts de ce film. Le tout avec une once de fantastique et une ambiance super glauque réussie.

A voir si vous aimez Londres, les thrillers à l’ancienne et les films oniriques.

CHERS CAMARADES ! de Andrei Konchalovsky

Avec Yuliya Vysotskaya, Vladislav Komarov, Andrey Gusev…

Film russe / Durée 2h00 / Historique

Le pitch : Face A : manifester pour défendre ses droits et mourir. Face B : réprimer une révolte populaire et cacher les morts sous le tapis.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce film m’a tout de suite paru d’actualité, à notre époque où « manifester » semble devenu une action presque honteuse et vaine.

A-t-on le droit de réclamer un minimum de « confort », tel que manger à sa faim ou travailler pour un salaire décent, dans un pays où le mot d’ordre est « tout va très bien » ? Que faire de ces grévistes mécontents qui gênent l’image d’une URSS forte ? Doit-on les tuer ?

La réponse à ce film historique est « oui ». En juin 1962, 26 furent tués et 87 autres blessés par l’armée lors d’un mouvement social dans une usine. Cet épisode est resté dans les mémoires comme le massacre de Novotcherkassk. Après la fusillade, la ville s’est retrouvée soumise à un couvre-feu. Une centaine d’autres manifestants ont été arrêtés par l’armée. Certains ont été condamnés à la peine de mort, d’autres à des peines de 10 à 15 ans de prison, d’autres familles encore furent exilées en Sibérie. Les morts, enterrés anonymement dans des cimetières voisins de la commune. Il fut demandé à chaque habitant témoin des événements de signer un accord de confidentialité, afin que la répression sanglante ne s’ébruite pas et ne puisse faire des émules.

En noir et blanc, M’sieur Konchalovsky nous raconte merveilleusement bien une période sombre de l’histoire.

A voir si vous voulez avoir des frissons. Ce film est bouleversant.

LE PEUPLE LOUP de Tomm Moore

Avec Honor Kneafsey, Lévanah Solomon, Sean Bean…

Film irlandais / Durée 1h43 / Animation

Le pitch : Apprenez à partager le monde avec ceux qui ne vous ressemblent pas.

Aux chiottes Disney, Pixar and coe. 🙂 Je me rebelle et applaudis une véritable merveille de l’animation irlandaise qui aurait largement mérité de gagner un oscar. (Spoil : il se l’est fait volé par Soul lors de l’édition 2021, ce qui est à mon sens une infamie. Mais après tout, 1917 aussi méritait de gagner et a loupé la récompense de peu en 2020)

Poétique, magique, splendide, avec des fichues bonnes musiques que ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu une bande-son réussie pour un dessin animé. Le dessin, lui-même, se veut original, casse les codes, les profondeurs de champ. Les lignes sont parfois simples, épurées, et pourraient se rapprocher d’un style Ghibli. (Oui, je vais chercher loin, mais concrètement, c’est cet état d’esprit.) Autre point commun avec un Ghibli : l’amour de la nature, le respect de la vie sauvage et l’émerveillement devant chaque arbre, chaque rivière ou cascade.

Une partie de ce film rappellera Zelda Twilight Princess aux gamers, car l’héroïne de ce film va se frotter au monde des loups, où l’odorat devient le principal sens d’orientation. Exit la vue, apprenez à voir la vie sous un autre angle.

Le seul défaut que je ne peux décemment cacher : ce film souffre d’une rythmique répétitive, de sorte qu’aussi bon soit-il, il finit par vous bercer et vous endormir. Prévoyez le café avant, ou regardez-le en plusieurs fois.

ANNETTE de Leos Carax

Avec Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Helberg…

Film franco-mexico-suisse / Durée 2h19 / Drame, musical

Le pitch : Deux parents manipulent leur enfant star afin d’assouvir leurs désirs.

Il fallait bien que je case au moins une comédie musicale. J’aurais pu vous parler de West Side Story, cela aurait été facile, mais je préfère celle-ci, bien plus marquante.

Annette, c’est un peu comme The Rocky Horror Picture Show. On vous dit, y a de la musique, mais vous ne savez pas vraiment dans quoi vous allez mettre les pieds. Le son est cradingue, le chant craché, les tripes pourraient être vomies sur scène. Tout n’est que prétexte et second degré.

Ce qui compte ici, ce sont les personnages. Campés par Adam Driver (magistral) et Marion Cotillard, deux parents se battent au travers de leur gosse. L’un veut retrouver la gloire qu’il a perdue en profitant du « don » de l’enfant. L’autre veut utiliser l’enfant pour hanter son mari infidèle et traitre. Règlement de compte dans la presse, à la télé, devant un stade entier de spectateurs. Ça saigne, ça envoie.

J’ai aimé ce film aussi car il n’était pas simple. Il est possible d’en faire plusieurs lectures et de laisser couler l’encre sur lui. J’aimerais bien le revoir.

Mettez-le au programme si vous aimez les films d’auteur underground et tordus. Un peu comme Titane, aussi. Voyez donc ces deux-là.

Et c’est reparti pour une nouvelle année. =)

6 commentaires sur « Joyeux Noël 2021 : bilan d’une année au cinéma »

    1. ^^ Ahaha, sacré Dune !

      Oui, je confirme pour Dear Comrades. Dans le même genre historico-dramatique, tu as Olga qui est vraiment bon aussi sur les événements d’Euromaïdan. Ainsi que la Voix d’Aida sur le boucher des Balkans et Onoda sur la capitulation japonaise post seconde guerre mondiale. Ces quatre-là sont intéressants.

      Meilleurs vœux également !

      Aimé par 1 personne

  1. Palmarès cinématographique 2021…

    Cette fois encore, on part d’un nombre de films plus restreint, avec, comme parti-pris, la liste alphabétique. Trop difficile de classer des films, tous intéressants à différents degrés, mais si divers également! A vous de voir, à vous de piocher…

    « Adieu Les Cons » de Albert Dupontel
    « Annette » de Leos Carax
    « Compartiment N°6 » de Juho Kuosmanen
    « Debout les femmes ! » de Gilles Perret et de François Ruffin
    « Drive My Car » de Ryusuke Hamaguchi
    « Drunk » de Thomas Vinterberg
    « Falling » de Viggo Mortensen
    « Julie (en 12 chapitres) » de Joachim Trier
    « La Fracture » de Catherine Corsini
    « La Loi de Téhéran » de Saeed Roustayi
    « Les Olympiades » de Jacques Audiard
    « L’Événement » de Audrey Diwan
    « Madres paralelas » de Pedro Almodóvar
    « Nomadland »de Chloé Zhao
    « The Father » de Florian Zeller
    « Tout s’est bien passé » de François Ozon
    « Tre Piani » de Nanni Moretti
    « Un héros »de Asghar Farhadi
    « Un Triomphe » de Emmanuel Courcol
    « Une femme du monde » de Cécile Ducrocq

    Aimé par 2 personnes

    1. Chouette liste !

      Dans celle-ci, je n’ai pas vu Debout les Femmes ! La Fracture, Tout s’est bien passé, Tre Piani (celui-là, je regrette vraiment de l’avoir manqué) et Une femme du monde. Je me les note pour plus tard. =)

      J’ai beaucoup aimé aussi Un Triomphe, c’est un film qui n’a pas fait grand bruit, à tort car l’interprétation est juste géniale. Drunk, La loi de Téhéran, Un héros et les Olympiades font aussi partie de mes chouchous.

      Vraiment une bonne année à cinéma !

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :