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Festival de Cannes 2021 #04 – Benedetta de Paul Verhoeven

Ah… Cannes… Son soleil… Ses polémiques et ses films qui dérangent…

Je ne sais pas si vous avez suivi les derniers ragots à propos de Benedetta, qualifiés par certains de « film porno fait par des hommes pour des hommes ». Les réactions ont été tellement virulentes que j’ai voulu aller me faire mon p’tit avis.

Ce film a été réalisé par Paul Verhoeven, alias Monsieur « j’aime pas la censure ».

Dedans, vous y verrez Virginie Efira avec une voix rauque et Jésus qui tue des serpents.

Et voici à quoi ressemble l’affiche :

De quoi ça parle ?

Pour faire plaisir à Verhoeven, on pourrait dire de sexe, de violence et de religion, ce qu’il dénomme « les trois principaux éléments sur Terre ».

Perso, je dirais plutôt que ça cause du cerveau de Benedetta, que vous voyez en gros plan sur l’affiche. A l’intérieur, ça bouillonne. Se mélangent de pieuses pensées, des rêves d’ambition, de l’amour et de la haine, quelques images bibliques et surtout beaucoup de sagacité.

Benedetta a bien compris qu’il existait des jeux de pouvoir au sein du clergé et elle a décidé que son destin ne serait pas celui de n’importe quelle sœur. Chaque nouveau miracle qu’elle accomplit lui permet de s’élever parmi les siennes.

Pourquoi voir ce film ?

Parce qu’il ne peut laisser personne indifférent, ce qui est le propre d’un bon film. Honnêtement, on ressort de la salle de cinoche en étant un peu retourné.

Même s’il n’est interdit qu’aux moins de douze ans et qu’il serait très exagéré de le qualifier de film pornographique (tout n’est que suggestion, il n’y a jamais de gros plans), âmes prudes, passez votre chemin.

A un moment donné, je me suis demandé si les 300 autres personnes présentes se sentaient aussi mal à l’aise que moi, lors des scènes de sexe, torture, latrines, vomis, et je vous passe les détails de la peste bubonique. Certaines images ont tendance à rester longtemps en tête… Heureusement, ce n’était pas du cinéma 4DX avec les fauteuils vibrants et les odeurs d’ambiance…

Même si tout n’était pas agréable à voir ou à entendre, je crois néanmoins que ce film ne pouvait être réalisé que comme ça. S’il avait été moins cru, il n’aurait pas cet aspect impactant et mémorable.

Ses thèmes sont pluriels : il évoque le tabou de la sexualité au sein de l’église et pose des questions plus élargies sur le scepticisme et la foi. Il est aussi volontairement ambigu avec un petit côté thriller : Benedetta est-elle consciente de manipuler son entourage au nom de dieu ? Ou se croit-elle vraiment l’élue ? Quelle place pour la vérité dans cet univers où chacun décide de croire ce qui l’arrange ?

C’est aussi, il faut le dire, une très chouette reconstitution historique du XVIIème siècle, inspiré par des témoignages du procès de la véritable Benedetta Carlini.

Y a-t-il des monstres dans ce film ?

Oui ! Benedetta, l’héroïne est notre monstre du jour. Elle oscille entre phases de lucidité et états de transe mystique. Il ne manque que peu de choses pour que Benedetta soit considérée comme une sorcière. (à qui on réserve le traitement habituel : allumettes, bûcher, barbecue)

La frontière est subtile entre miracles et diableries.

A voir un jour où vous êtes en forme, le film est actuellement sorti dans toutes les salles françaises.

Retrouvez les précédentes chroniques du Festival de Cannes 2021 :

#01 Présentation du projet

#02 La cérémonie d’ouverture

#03 Annette de Leos Carax

12 commentaires sur « Festival de Cannes 2021 #04 – Benedetta de Paul Verhoeven »

  1. Amateur de diableries et miracles licencieux, tu penses bien que je me suis précipité sur ce Verhoeven tant attendu. S’il y a un monstre, en effet, c’est bien Benedetta elle-même, d’ailleurs le Hollandais limite son récit à son élévation. Son Ascension dirais-je même pour rester dans le thème puisqu’elle n’a en vérité qu’un seul but, être au plus prés de son doux Jésus, être une incestueuse vierge mariée, et ce quels que soient les moyens pour y parvenir. Il y a un petit côté Showgirls dans cette histoire de nonnes, et une manipulation par la chair qui renvoie à presque tous ses films, de « La Chair et le Sang » à « Basic instinct », de « Black Book » à ‘Elle ». Et puis, ce petit malin de Verhoeven s’amuse de la confusion entre passion du Christ et passion charnelle, entre souffrance et extase.
    Quant au procès en misogynie, il ne m’intéresse guère de la part de gens qui visiblement n’entendent rien au cinéma de Verhoeven.

    Aimé par 1 personne

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