Film : Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh

D’après un scénario de Chris Sparling

Comète, astéroïde, météorite : les dangers célestes

« — On ne parle que de ça. Clarke, cette comète interstellaire…

— En effet !

— C’est le scoop ! »

Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh

Après une semaine de pénible canicule, je me suis dit que ça serait bien de vous parler — en toute légèreté — de l’Apocalypse.

Je ne vais pas vous poursuivre dans la rue en tambourinant sur une casserole, hein. Par contre, je peux vous encourager vivement à vous rendre au cinéma.

En ce moment est projeté un chouette film-catastrophe de type fin du monde : c’est pour vous remonter le moral, après la période de Covid. Là, vous verrez des gens qui se bousculent pour avoir le droit de se confiner durant neuf mois. (Ce sont des fous.)

Enquête exclusive sur la meilleure manière de survivre à une comète.

Le pitch, en quelques mots :

John et Allison souhaitent divorcer. Amour, gloire et beauté. Leur fils Nathan pleurniche, malgré le barbecue organisé entre voisins et les saucisses qui grillent gaiement sur le feu. Le malheureux enfant voudrait que ses deux parents se tiennent la main, que les oiseaux chantent et que le soleil brille… On peut bien lui accorder ça. Il est diabétique et vit relié à sa pompe à insuline.

Ce petiot a le droit au bonheur, nom d’un chien !

Côté soleil brillant, au moins, il va obtenir une demi-satisfaction. Tous les Terriens sont tout joyeux parce qu’une comète va passer à proximité de la planète, chose rarissime. On va tous pouvoir la voir de très près en plein jour et faire de jolies photos. C’est chouette, on se croirait revenu au temps de l’éclipse totale de 1999.

Sauf que, tandis que John part chercher des bières, il reçoit un message d’alerte gouvernemental sur son téléphone portable qui lui annonce qu’il a été sélectionné avec sa famille pour confiner dans une base secrète et survivre à la fin du monde. Autant dire que dans le voisinage, ça va jaser.

Sur ce, la Floride explose et tout le monde commence à courir partout. Il leur reste 48 heures pour aller se réfugier.

Si vous lisez la suite de l’article, je vais vous spoiler un peu (parce que l’histoire est trop drôle !) mais promis, je ne vous raconterai pas tout, histoire de garder un faux semblant de suspens sur le dénouement final…

« — Un morceau va s’écraser. Juste une partie dans l’océan. »

Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh

Épisode 1 : « Oh, la jolie étoile filante ! »

Les dinosaures interrogés sur le sujet nous avaient pourtant prévenus : la fin du monde, ça pique un peu. Si on peut l’éviter, c’est mieux.

Toutefois, le réalisateur Ric Roman Waugh a décidé de nous épargner le cliché du décontracté Monsieur Muscle, parti dans l’espace pour détruire la comète en la brisant entre ses fesses. Pas de super héros : les personnages du film sont normaux, impuissants et dépressifs. Ils sont donc tous foutus.

Passé cette phase d’acceptation de l’irrémédiable et cuisante extinction de l’espèce humaine, le premier tiers du récit consiste à séparer ceux qui vont pouvoir tenter de survivre (1 %) du reste du monde.

Le concept est utopiste, les billets pour les bunkers ne s’achètent pas. Les gens sont sélectionnés en fonction de leur profession et leur capacité à reconstruire le monde d’après. C’est beau. C’est aussi le moment où l’on s’aperçoit que l’on peut se passer facilement de bien des métiers…

Nos heureux élus vont donc devoir suivre les directives gouvernementales tout en évitant de se faire tirer dans le dos par les jaloux et les envieux.

Ils ont quelques heures pour rejoindre l’aéroport le plus proche, se présenter au guichet d’accueil et prendre la navette pour le Groenland, le seul endroit du globe où l’on peut espérer hiberner en sécurité (Greenland, le dernier refuge… quand le titre du film vous renseigne à moitié sur la fin.)

L’enjeu du film est sociétal et presque philosophique, si on peut oser ce terme.

Cela tombe bien, parce que le réalisateur Ric Roman Waugh disposait d’un budget restreint qui limitait la quantité d’effets spéciaux. La comète, on en parle beaucoup, mais on la voit très peu à l’écran. C’est pas pour rien que Greenland a couté trois fois moins cher qu’Armageddon et quatre fois moins que 2012 d’Emmerich.

Heureusement, ce film catastrophe compense par un casting intéressant et un scénario plutôt amusant.

Épisode 2 : « Attention mon chéri, il y a du verre brisé par terre. »

Si je vous dis qu’on rigole beaucoup en 1h59 de film ?

Il y a du dialogue et parfois de jolies phrases, mais… car il y a un mais : nos personnages principaux terriblement normaux ont aussi un sens des priorités on ne peut plus basique.

Pendant qu’une partie du continent disparaît pulvérisée, Madame Allison va demander à Monsieur John s’il a bien pensé à régler le siège enfant en l’installant dans la voiture de papy machin.

Tandis que la moitié de l’univers explose, Monsieur John va avouer à Madame Allison que oui, il l’a trompée, mais que quand même, il regrette.

Vous avez à gauche un mec au crâne défoncé à coup de marteau. Et à côté, Monsieur John qui serre les dents parce qu’il s’est brûlé trois poils de bras. Mais heureusement, un quidam dévoué va lui apporter une trousse de secours complète avec pansement, crème, eau oxygénée, coupe-ongle, stickers fantaisie et une part de cake pour la route. (Promis, j’exagère à peine.)

Mais le must, ce sont encore les images de type « ma vie défile devant mes yeux sur fond de lumière blanche », où l’on revoit tous les petits riens de l’existence… Premiers baisers, mariage, naissance… Et l’instant merveilleux où Monsieur John a tendrement poncé une porte.

Sérieux, je crois que les enseignes de bricolage pourraient s’inspirer de ce film. Ils vont en vendre des ponceuses avec ça. C’est vrai que ça fait partie des beaux moments que l’on n’oublie jamais.

Bref, on se marre ! C’est un blockbuster et tout n’est pas à prendre au sérieux.

« Ils ont tout faux, cette comète va tout détruire ! »

Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh

Épisode 3 : « Chassé-croisé sur la route des vacances »

Sans surprise, le scénario est conçu avec une foultitude de twists, rebondissements, et autres techniques pour conserver votre attention.

J’ai pour ma part beaucoup apprécié le dynamisme narratif et les renversements de situation de type allié => faux allié ; ennemi => faux ennemi. Il y en a plein, si ce n’est de trop, et il faut suivre. Même si les ficelles sont grossières, ça passe. On accepte le tout comme un mojito en bord de terrasse, c’est-à-dire avec une certaine gourmandise.

Je précise quand même que Monsieur John est incarné par Gerard Butler — alias, l’acteur qui sauve au moins trois présidents américains par an — et que l’on retrouve aussi dans un rôle formidable du Fantôme de l’opéra (version Schumacher). Rien que pour le plaisir de le voir galérer face à une comète géante, ce film vaut la place d’entrée.

Côté féminin, Madame Allison est jouée par Morena Baccarin, actrice brésilienne surtout présente dans les séries TV (outre Deadpool, au cinéma.) Son interprétation est intéressante, cependant elle a la fâcheuse manie de pleurer et de sourire en même temps, ce qui brouille le message qu’elle souhaite nous communiquer.

En tout cas, ces deux acteurs apportent une plus-value incontestable à la production. On ne voit presque qu’eux à l’écran. Sans vouloir mettre la pression, ils avaient intérêt à assurer.

Je crois que vous ne m’en voudrez pas de vous apprendre que leur plan A va échouer, et qu’ils vont donc devoir passer à un plan B, suivi d’un plan C brinquebalant. (Je ne vais pas vous réciter tout l’alphabet, mais leur sort est plutôt désespéré.)

En cours de film, Monsieur John et Madame Allison vont être séparés. Narration alternée, on va vous expliquer ce qu’il advient du mari, puis ce sera au tour de l’épouse… Dans les deux cas, ils se retrouvent coincés sur l’autoroute. C’est que cette famille naïve pensait sincèrement qu’ils seraient les seuls à voyager dans le pays la veille de l’extinction de l’espèce humaine.

Le deuxième tiers de ce film est par conséquent très estival et se consacre aux embouteillages, aux péages, au covoiturage et à l’autostop. Et la comète, dans tout ça ? Ah bah… pas de budget. Mais on y vient, tout doucement.

« Les agences spatiales parlent de possible extinction. »

Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh

Épisode 4 : « À cheval, à cheval ! »

Non je déconne. Je sais bien qu’ils tentent de se soustraire par tout moyen à leur triste destin, mais ils ont exclu de la liste la chevauchée équestre.  

Cependant, il y a bien un cheval dans la bataille, et ceci est une intrigue archi secondaire qui rejoint le point le plus négatif de ce film, j’ai nommé : l’histoire d’amour inévitable dont tout le monde se fiche.

C’est l’Apocalypse. Vos problèmes de coucherie, les gens, on s’en tape, vous serez morts demain. De l’enjeu dramatique, on en a déjà assez.

Néanmoins, Gérard Butler et Morena Baccarin vont nous sortir à plusieurs reprises les violons, le regard vide, les mains qui se frôlent et le baiser qui leur échappe, parce qu’ô surprise, leurs personnages s’aiment toujours secrètement…  

Moi, à la place de la comète, je les aurais visés personnellement pour que le film puisse se poursuivre dans l’esprit initial, c’est-à-dire un film catastrophe.

Après, il y a quand même quelque chose de bon à l’histoire : si vous rencontrez un jour des difficultés dans votre couple, dîtes-vous qu’avec une fin du monde et un cheval, tout s’arrangera très vite. 

« Si vous entendez ce message, mettez-vous à l’abri immédiatement. »

Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh

Épisode 5 : « Mayday, on a perdu le scénariste. » 

Dernier tiers du film, ça commence à devenir chaud dehors, le ciel dégringole.

Mais alors, ça y est, le scénariste a décidé de s’emballer et nous offre un best of de n’importe quoi que même Wikipédia, il vous dirait que ce n’est pas possible.

Ça va des météorites qui vont tomber partout autour de nos protagonistes, sauf sur eux (chanceux !) à un crash d’avion monstrueux, mais tous les passagers utiles à l’histoire s’en sortent bien. (On sacrifie quand même le pilote, malheureuse chemise rouge…)

Vous avez aussi le droit aux spéculations sur les probabilités de survie de l’espèce humaine, si une comète de 14 kilomètres venait à rentrer en collision avec la Terre. Là, il y a de quoi glousser, parce qu’ils pensent sincèrement que tout va bien se passer et que le bunker va être efficace… Ils vous annoncent pourtant qu’une onde de choc va parcourir le monde à la vitesse du son, température bloquée sur hot, tandis que des tsunamis gigantesques vont balayer les cinq continents et combler le gros trou qui restera sur l’Europe de l’Ouest par un nouvel océan.

Oui, comme c’est un film américain, ils ont décidé de sacrifier l’Europe… Ce qui serait une bonne idée s’ils n’allaient pas chercher refuge au Groenland, qui est quand même vachement proche du lieu d’impact… Mais ça ne gêne pas notre scénariste fougueux.

D’ailleurs, si vous connaissez un peu le coin, vous verrez que leur Groenland ressemble beaucoup à notre Islande à nous, le tournage ayant été réalisé là-bas. Raisons budgétaires ? Je l’ignore. Aspect pratique, en tout cas.  

Encore une fois, je résiste à l’envie terrible de vous spoiler sur la fin et les dernières séquences du film qui valent leur pesant de popcorn.

God bless America.

…En définitive, Greenland est-il un bon blockbuster ?

Oui, parce que franchement, vous ne vous ennuierez pas. Les images restent belles, le propos intéressant, et le tout possède le dynamisme d’un thriller de qualité. Si le scénario n’est pas non plus hyper novateur en matière de fin du monde, il a le mérite de fournir une alternative aux classiques du genre que l’on rediffuse depuis des années sur le petit écran.

En revanche, le film comporte un certain nombre de défauts qui demanderont un peu d’indulgence. Mais ça fait plaisir de voir une vraie nouveauté américaine au cinéma, surtout que pour une fois, nous sommes les premiers à profiter de ce film. Sortie dans les salles européennes, mois d’août, et sortie salles américaines, mois de septembre au mieux en raison de la pandémie.

C’est une gentille compensation pour avoir dégommé notre vieux continent à coup de gros cailloux en feu, ne trouvez-vous pas ? 

Parlons monstres :

Pas besoin de vous faire un dessin, tout ce qui tombe du ciel sur nous est potentiellement signe de danger. Si on commence à vous causer d’astéroïdes, de comètes ou de météorites et que la Nasa se met à paniquer, c’est qu’il est temps d’en faire de même.

Ça, c’est l’aspect réaliste.

Si vous voulez faire la différence entre les trois (et crâner à la prochaine partie de Trivial Pursuit) :

  • Les comètes sont constituées de glace et de roche, elles ont une queue. Elles se baladent un peu partout, certaines revenant périodiquement au même endroit. Ce sont les vacancières de l’espace.
  • Les astéroïdes sont des objets de petite taille (enfin, tout est relatif). Ils sont en orbite autour du soleil. S’ils étaient plus gros, on les appellerait des planètes.
  • Les météorites, c’est tout ce qui s’écrase sur Terre. Normalement, ça brûle dans l’atmosphère avant de faire du dégât. Les astéroïdes et comètes qui décident de venir nous saluer peuvent donc être rebaptisés météorites une fois sur notre paillasson.

Quand quelque chose d’un peu trop gros arrive près de nous, on nomme cela un « objet potentiellement dangereux ». En général, tout objet de plus de 150 mètres de diamètre est considéré comme potentiellement dangereux s’il s’approche de trop. On parle aussi de « géocroiseurs ».

À ce jour, 21 000 géocroiseurs ont déjà été recensés, comme quoi nous ne sommes jamais vraiment seuls dans l’espace. Ce sont des phénomènes naturels monstrueux en raison du danger qu’ils représentent pour nos infimes personnes.

Tous les 10 000 ans en moyenne, un géocroiseur de plus de 100 mètres de diamètre vient frapper la Terre, engendrant quelques catastrophes de-ci de-là. Tous les 300 000 ans et quelques, on se prend un géocroiseur d’un kilomètre dans la tronche, ce qui déclenche une joyeuse catastrophe planétaire. Concrètement, ça a de quoi vous dézinguer un pays entier, outre un sacré nombre de victimes collatérales.

Celui qui a trucidé nos chers dinosaures faisait à la louche 10 kilomètres de diamètre. On considère que ce genre d’impact dégage une énergie équivalente à des dizaines de millions de bombes atomiques. Extinction de masse, gros cratère et tout le tralala.  

Si vous pensez que ça n’arrivera jamais, vous pouvez vous dire qu’un géocroiseur de cette taille s’est payé un tête-à-tête avec Jupiter en 1994. C’est récent et pas si loin de chez nous. Je ne voudrais pas vous déprimer, mais voilà, ça peut se produire. C’est la raison pour laquelle Batman et Iron Man ont mis tous leurs LDD en commun pour parvenir à créer un bon système de défense planétaire.

Dans l’imagination populaire, on peut ajouter des calamités supplémentaires… Les géocroiseurs peuvent également s’accompagner d’un débarquement massif d’extraterrestres. (Prévoyez des couverts en plus au diner) Ou alors, nous apporter de nouvelles maladies, des substances toxiques, des matériaux convoités comme la kryptonite…  (mais si.)

Si vous voulez d’autres films qui abordent le même sujet, vous avez parmi les plus connus Deep Impact et Armageddon… qui se terminent en happy end.

Si vous aimez les paquets de mouchoirs, vous pouvez voir Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare, une romance avec Steve Carell et Keira Knightley qui est… une déprimante curiosité.

N’oubliez pas de regarder de temps en temps vers le ciel. Il s’en passe des choses, là-haut.

Sources : Allociné, Wikipédia, photos copyright Metropolitan FilmExport

3 commentaires sur « Film : Greenland, le dernier refuge de Ric Roman Waugh »

  1. Et si vous aimez déprimer grave, vous pouvez aussi vous taper la Melancholia de Lars Von Trier. Perso, j’ai pas aimé ce trip.
    Je préfère encore tenter ma chance sur cette Greenland, quitte me prendre le blockbuster dans la tronche. Tu donnes très envie en tout cas, et cette chronique m’a passionné. Je n’ai toujours pas compris en quoi Butler était si exceptionnel au point qu’on veuille le sauver à tout prix (si ce n’est qu’il sauve trois présidents par an, auquel cas ça peut faire sens 😉). En tout cas, vu les tuiles qui lui tombent dessus sur la route du bunker, on ne peut pas dire que le gouvernement ait mis le paquet pour le rapatrier.
    Sinon, dans le même genre mais en plus vintage, je conseille « le Choc des Mondes » de Rudolph Maté. Cette fois c’est la Terre qui va carrément se faire détruire par une planète géante qui passait par là (taux de probabilité encore plus faible que la météorite de plus de 10 km) mais l’humanité a prévu quelques arches de Noé (en forme de fusée de Tintin) pour emmener les heureux et heureuses élu.e.s s’installer sur l’autre planète (probabilité qu’elle soit en plus habitable ? … Trop de zéros derrière la virgule). Savoureux.

    Aimé par 1 personne

    1. Ah, j’avoue, je n’ai jamais apprécié Gerard Butler avant de le voir interpréter le Fantôme de l’opéra. C’est donc tout récemment qu’il est remonté dans mon estime. (Pas qu’il soit exceptionnel non plus dans le rôle du fantôme… mais le voir s’essayer à un rôle casse-gueule m’a fait compatir à ses efforts.)
      Franchement, dans Greenland, il joue plutôt pas mal. J’espère qu’il va continuer dans ce registre et laisser tomber les personnages de sauveur de l’humanité. On va peut-être s’apercevoir que c’est un bon acteur au bout du compte.
      Je note pour le Choc des Mondes, c’est très vendeur ton résumé ! =)

      Aimé par 1 personne

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